Double inquiétude pour les sans-papiers

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L’angoisse demeure chez les sans-papiers et leurs défenseurs. Aujourd’hui, l’Etat doit cesser de financer les hôtels où sont logées les familles en attente de régularisation. Si l’enveloppe de 60 000 g allouée par la mairie de Toulouse et le conseil régional prend le relais pour quinze jours encore, les associations ne cachent pas leur désarroi face à cet imbroglio administratif estival. Elles déplorent en outre un nombre très faible de régularisations. « On a assisté
à une première salve de réponses le 27 juillet : quinze négatives contre six positives, mais depuis plus rien », constate Jean-François Mignard, du réseau Education
sans frontières, qui appelle à un rassemblement devant la préfecture à 13 h 30. De faibles statistiques en regard des deux cents familles qui ont fait la démarche de régularisation auprès de la préfecture de Haute-Garonne. Place Saint-Etienne, on ne fait aucune communication officielle sur la question. Une attitude qui ne rassure pas les associations, dont l’inquiétude est amplifiée par les propos de Nicolas Sarkozy qui prévoit 6 000 régularisations sur les 30 000 demandes. « A quelques jours de la rentrée des classes, il apparaît difficile d’expulser 100 000 personnes, note encore Jean-François Mignard. On peut craindre que quelques familles soient expulsées pour servir d’exemple. »

Philippe Font