La voie est libre...… pour l'instant

Hélène Ménal

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L'objectif est de faire passer la part de marché des transports en commun de 16 % à 23 %.
L'objectif est de faire passer la part de marché des transports en commun de 16 % à 23 %. — F. Scheiber/20 Minutes

Un Aérotram, des bus à haut niveau de service, le prolongement du tramway le long du Canal (en direction de Matabiau), ou celui de la ligne B du métro vers Labège... Tous ces projets figurent dans le Plan de déplacements urbains (PDU) adopté mercredi par Tisséo-SMTC. Un investissement de 1,9 milliards d'euros, voté à l'unanimité des collectivités qui siègent au sein de l'autorité organisatrice des transports en commun. La route est donc tracée. Mais elle pourrait être semée d'embûches. Car cette décision politique a été prise contre l'avis de la commission d'enquête sur le PDU. Et même si Tisséo-SMTC est parfaitement souverain dans ses décisions, les élus ont pris un risque juridique. « Le PDU ne crée pas en lui-même des expropriations mais il contient des projets qui en provoqueront, explique Marc Ivaldi, chercheur à l'Ecole d'économie de Toulouse. Et s'il y a des riverains qui s'opposent à ces projets, ils pourront juridiquement s'appuyer sur l'avis de la commission d'enquête ».

Attendu au tournant
Pierre Cohen lui-même, le président de Tisséo-SMTC et maire de Toulouse, se dit conscient « des risques de contentieux ». Mais il considère que « les critiques des commissaires enquêteurs sont si contradictoires qu'il est difficile de s'appuyer dessus pour rédiger un nouveau PDU ». Pour l'édile, « il y a urgence » à développer les transports en commun. Il préfère des projets un peu retardés par d'éventuels recours que pas de projet du tout. Mais il est probablement attendu au tournant. Des riverains inquiets se signalent du côté du Pont des Demoiselles ou le long du Canal. Ceux de l'Apat (l'association pour un autre tracé), qui ont déjà réussi à retarder le chantier du Tram Garonne, font remarquer que « les enquêtes publiques sont là pour vérifier que les décisions publiques coïncident avec l'intérêt général ». De là à menacer d'attaquer, l'association ne franchit pas le pas. Le rapport de la commission d'enquête n'étant public que depuis mercredi, elle n'a pas encore réuni son bureau.