les bobos fans de seconde main

JULIE DUQUENNE
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Les nouvelles fripes sont des vêtements et des chaussures de marques.
Les nouvelles fripes sont des vêtements et des chaussures de marques. — F. Scheiber/20 minutes

   Une robe Sandro à 70 euros, un pantalon IKKS à 50 et une paire de Prada à 150. Rien à voir avec des soldes. Ces « pépites » attendent dans les dépôts-ventes du centre-ville. Et comme chaque année en ce début d'hiver, c'est le rush dans ces boutiques de « secondes mains » de marques où les clientes affluent aussi bien pour « déposer » que pour acheter des vêtements. Elles ne sont pas moins de 4 500 dans le fichier de Michèle Cazaux, une des pionnières du dépôt-vente à Toulouse quand elle a ouvert sa boutique aux Carmes il y a 31 ans. 

 La modeuse chic y prend goût
« Au départ, le concept n'était pas connu, mais aujourd'hui, c'est dans la mouvance car c'est à la fois économique et écologique puisqu'on évite le gaspillage », estime la gérante de L'Echangeoir. Contre toute attente, son cœur de cible n'est pas vraiment l'étudiante fauchée mais plutôt la modeuse chic. C'est le cas d'Aurélie qui vient déposer ses « vieux » vêtements deux fois par an. « Ça fait de la place dans les placards », lance cette institutrice. Chez Rebelote, quartier Saint-Etienne, on surfe sur la même vague. « On propose du moyen haut de gamme à des prix cassés mais en excellent état », confie Claire Frézouls qui voit son chiffre d'affaires grimper tous les ans. Tara Jarmon, Zadig et Voltaire ou Comptoir des Cotonniers sont autant de marques que ses clientes plébiscitent. « Je peux trouver ici des pièces Isabel Marant que je ne pourrais pas me payer neuves », témoigne Emmanuelle, 33 ans. Car dans ces boutiques, on vient surtout pour faire des affaires. Ou trouver des pièces originales. C'est le credo de Laurence Déon, qui a ouvert un dépôt-vente rue de la Colombette il y a deux ans et demi. Chez elle, les fringues se mélangent au mobilier vintage dans un esprit brocante très… bobo.