violences scolaires à la barre

Béatrice colin

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Le 15 mai 2009, à Fenouillet, pour avoir reçu une punition, un collègien de 5e a poignardé son enseignante.
Le 15 mai 2009, à Fenouillet, pour avoir reçu une punition, un collègien de 5e a poignardé son enseignante. — A. gelebart/20 minutes

Plus de trois ans après les faits, la plaie est encore ouverte pour Véronique Adès. Le 15 mai 2009, ce professeur de mathématiques du collège François-Mitterand de Fenouillet est poignardée par un de ses élèves de 5e. Ce dernier, aujourd'hui âgé de 16 ans et demi, comparaît ce lundi après-midi à huis clos devant le tribunal pour enfants de Toulouse pour « tentative d'homicide ». La veille de l'agression, l'enseignante l'avait puni pour un devoir non rendu. Muni d'un couteau de cuisine, il lui a sauté dessus à l'interclasse et l'a blessée au thorax. « Ma cliente a toujours le même questionnement, on ne sait toujours pas pourquoi elle et pourquoi ce geste. Aujourd'hui, elle donne des cours à des enfants handicapés, elle ne pouvait plus retourner en filière classique, et pourtant elle avait une bonne connaissance des milieux difficiles puisqu'elle a été en poste durant cinq ans dans le 93 », explique son avocat, Denis Benayoun. En pleine recrudescence de violences scolaires, celui-ci réclame « une sanction adaptée, mais une sanction exemplaire ».

L'accusé encourt jusqu'à 15 ans de prison
De l'autre coté de la barre, on espère que l'adolescent ne retournera pas en rétention. Après un passage à l'établissement pour mineurs de Lavaur, il a été placé en centre éducatif fermé. Aujourd'hui, il est dans un foyer. « Ce n'est plus le même garçon, il a mûri, il est dans le regret. A l'époque, lorsqu'il prend cette punition, cela fait des mois qu'il cache ses notes à ses parents, il a peur qu'ils l'apprennent. Il était immature », souligne Emmanuel Tricoire, son défenseur. D'un milieu modeste, l'accusé n'était pas connu pour des faits de délinquance et de violence. A l'approche de son procès « il est un peu anxieux, mais soulagé, car cela fait trois ans que sa vie tourne autour de ça », poursuit son avocat. Il encourt jusqu'à 15 ans de prison.

mesures

Des portiques de détection de métaux et la fouille des cartables. Ces deux pistes, évoquées par le ministre de l'éducation nationale de l'époque, Xavier Darcos, n'ont finalement jamais vu le jour. Le collège a par contre eu son nombre d'enseignants maintenu malgré une baisse des effectifs.