La paix n'est pas encore à l'œuvre

Hélène Ménal

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Le mémorial, fait de tubes en inox, sera achevé pour vendredi.
Le mémorial, fait de tubes en inox, sera achevé pour vendredi. — F. Scheiber/20 minutes

Le calendrier n'aide pas. Vendredi, Toulouse commémorera le onzième anniversaire de la catastrophe d'AZF. Mais à quatre jours du « verdict » de la cour d'appel, l'heure ne sera pas encore à la grande réconciliation. Même l'arrivée du fameux mémorial ne parviendra pas à pacifier totalement ce jour du souvenir. A la fois pour des questions de fond et de forme.

Des tubes et des hommes
L'œuvre, choisie par le maire, est composée de 396 tubes en inox, de hauteurs différentes et disposés en cercles concentriques. Son créateur, le plasticien Gilles Conan, a voulu symboliser le cratère de l'explosion. Mais Jean-François Grelier, le président de l'Association des sinistrés du 21 septembre n'a pas l'intention de se transformer en critique d'art. « Il est hors de question d'aller faire une commémoration commune avec les responsables de notre malheur », lance-t-il en appelant ses troupes à se rassembler, comme d'habitude, sur le rond-point du 21-Septembre. Gérard Ratier, le président des familles endeuillées accueille, lui, le monument « avec soulagement ». Même s'il aurait personnellement opté pour un mémorial « plus conventionnel ». « Il faut beaucoup d'imagination. Moi, ça me fait penser à une cage aux lions », confie Guy Fourest du Comité de défense des victimes d'AZF. Mais, peu importe, il ira sur le site, fidèle au poste. Et il participera même à la cérémonie organisée, juste avant la célébration officielle, par les ex-salariés de Mémoire et Solidarité. Leur président, Jacques Mignard, précise que l'association n'a pas demandé ce mémorial. « Certains y voient un cratère, nous, on y voit la tour de l'usine », explique-t-il.
Quant aux membres du collectif Plus jamais ça, ni ici, ni ailleurs, ils n'iront pas auprès l'« objet commémorant non identifié ». Pour eux, un mémorial ne saurait être autre chose qu'un « lieu pédagogique » sur la place de l'usine dans l'histoire de Toulouse et les risques industriels. « Nous n'avons pas abandonné l'idée d'un parcours de mémoire, assure sur ce point l'adjoint au maire Nicolas Tissot. Mais il faut ouvrir pour cela un débat très polémique et cela ne pourra se faire que lorsque nous connaîtrons la vérité judiciaire. » Donc, très vite.

Cérémonie

La commémoration officielle commencera à 10 h 17 sur le site. Tous les Toulousains y sont conviés. Après un hurlement de sirène, les noms des 31 victimes seront égrenés. Les gerbes seront déposées après une minute de silence. Une messe du souvenir est également prévue samedi, à 18 h 30, en l'église de la Trinité.