Thierry Roland : «Le premier supporteur des Bleus »

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Interview de Thierry Roland, journaliste sportif.

Le premier Mondial de M6 vous a réussi. Vendredi, le match Allemagne-Argentine a établi un record historique avec 44 % de parts de marché. L'effet Thierry Roland ?

Certains ont la gentillesse de le dire. Cela fait cinquante ans et douze Coupes du monde que j'exerce ce noble métier, les téléspectateurs connaissent ma sincérité. Et mon duo avec Franck Leboeuf, que j'ai choisi parmi une liste de champions du monde 1998, a bien fonctionné.

Etes-vous frustré de ne pas être au micro pour les matchs des Bleus, monopoles de votre ancien employeur TF1 ?

Pas du tout. J'en ai pris mon parti depuis que j'ai commenté ma dernière rencontre de l'équipe de France, face à la Pologne en novembre 2004.

On a dit que vous avez été évincé à cause de vos excès de langage...

C'est faux. Ils m'ont demandé de partir parce que j'avais 68 ans.

Pourtant, le 10 juin, vous avez évoqué la «race blanche» d'un joueur de Trinité-et-Tobago. M6 vous l'a-t-il reproché ?

Absolument pas. Dans la presse, des fouineurs cherchent tous les prétextes pour me tacler. Je ne vois aucun racisme dans ce que j'ai dit.

Et voyez-vous un souci dans le fait que votre consoeur Estelle Denis soit la compagne de Raymond Domenech ?

On cherche des poux à Estelle alors qu'elle aime et connaît le ballon rond sur le bout des doigts ! Elle est formidable et très professionnelle.

Même lorsqu'elle interviewe son compagnon en exclusivité pour SFR, moyennant finances ?

Là, j'avoue qu'ils ont fait une connerie... Mais depuis, ils font profil bas et on est passé à autre chose.

Pour ou contre l'arbitrage vidéo ?

A 100 % pour. Je n'ai jamais vu tant d'erreurs dans un Mondial. Pendant France-Corée du Sud, le but de Vieira est rentré d'au moins 30 cm et l'arbitre n'a rien vu. Quant aux seize cartons distribués lors de Portugal-Pays-Bas, c'était n'importe quoi.

« Les Bleus n'ont pas l'ombre d'une chance », disiez-vous le 30 avril. Et vous avez juré de faire tout nu le tour de l'obélisque à Paris s'ils remportaient la finale. Toujours valable ?

J'ai fait un mauvais pronostic et j'en suis ravi. Je suis le premier supporteur des Bleus. Pour ce qui est de l'Obélisque, je n'ai qu'une parole !

Recueilli par Raphaëlle Baillot