Arlette Chabot : «A la veille de 2007, pas question de me disperser»

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Interview d'Arlette Chabot, directrice déléguée à l'information de France 2.

Depuis un mois, votre rédaction pourfend votre autoritarisme. Et dénonce le recrutement de Laurent Delahousse de M6. Les tensions sont-elles apaisées ?

C'est du passé. Laurent est un talent qui s'ajoute à ceux de la rédaction. Par ailleurs, nous travaillons à fluidifier les relations entre les JT et les magazines d'info. Les journalistes du 13 h ou du 20 h doivent pouvoir être détachés sur des reportages au long cours.

Pas suffisant puisqu'une dizaine de reporters quittent France 2 pour M6 et Canal +...

Cela n'a rien à voir. Ils ne partent pas par amertume, mais pour vivre de nouvelles expériences. C'est salutaire. Une rédaction est un organisme vivant, qui a besoin de mouvement. D'ailleurs, des journalistes de « 7 à 8 », sur TF1, devraient nous rejoindre.

Les chaînes privées renforcent leurs pôles info et reportages. Cela vous inquiète ?

Si elles viennent sur notre terrain, c'est qu'il est bon... Et nous avons une longueur d'avance. « Envoyé spécial » est le seul magazine d'actu hebdo en prime time. Avec « A vous de juger » ou « Questions directes», nous sommes mieux armés que TF1 pour la présidentielle. Et nous n'aurons pas à créer de nouvelles émissions.

Comment vous démarquerez-vous pendant la campagne ?

Nous serons la chaîne qui en fera le plus, avec un maximum de débats. Et nous renforcerons l'interactivité pour être au plus près du quotidien des téléspectateurs.

La télé est-elle vraiment le lieu où se joue l'élection ?

Elle ne détermine jamais la décision finale. Mais si un candidat est mauvais à la télé, il n'a aucune chance. Pour autant, être bon à l'antenne ne suffit pas pour gagner.

Christine Ockrent se serait montrée intéressée par la direction de la rédaction de Paris Match. Oseriez-vous un tel virage ?

Mon domaine, c'est l'audiovisuel. Il n'est pas question de me disperser à la veille de 2007. Le débat de fond et le choc des personnalités qui s'annoncent sont inédits depuis vingt ans. Je vais essayer de faire une bonne présidentielle. Ensuite, on verra.

Resterez-vous à France 2 ?

Je suis ouverte à toutes les expériences professionnelles.

Recueilli par Christel Brigaudeau