Quand la télé ne fait pas oublier son premier métier

TELEVISION De Cyril Lignac à Stéphane Plaza, ils ont réussi sur le petit écran sans délaisser leur métier d'origine...

Charlotte Murat

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Figure phare de France 5, Michel Cymes continue ses consultations à l'hôpital.
Figure phare de France 5, Michel Cymes continue ses consultations à l'hôpital. — N. GUYON/FTV FRANCE5

Il n'y a pas que la télévision dans leur vie! «Je n'ai pas le droit de décevoir. Je dois être irréprochable en cuisine, m'améliorer sans cesse en tant que chef.» Cyril Lignac s'est fait connaître en 2005, en présentant «Oui Chef!» sur M6. La même année, il ouvre son premier restaurant, le Quinzième, à Paris. Depuis, il a repris le bistrot le Chardenoux en 2008, et ouvert la Pâtisserie by Cyril Lignac en 2011…

Pendant ce temps, sa notoriété médiatique n'a pas cessé de croître. Il est aujourd'hui devenu l'une des figures phares de M6, anime différentes émissions, dont «Un chef en France», et continue à diriger plusieurs restaurants dans la capitale. Une double activité qui l'oblige à jongler avec un emploi du temps serré.

Métro, boulot et re-boulot

Loin des caméras, des vedettes de la télé continuent d'exercer leur premier métier. C'est le cas, par exemple, du médecin Michel Cymes («Le magazine de la santé» sur France 5) ou de Stéphane Plaza. Ce dernier a sous sa responsabilité neuf agences immobilières en tant que manager général du groupe ERA CTI. Mais le grand public le connaît depuis 2006 pour «Recherche maison ou appartement», puis «Maison à vendre» diffusés sur M6. On a aussi pu le croiser dans une fiction de la chaîne.

Evidemment, leur notoriété pose la question des sollicitations du public. Fait-on appel à eux parce qu'ils sont connus ou parce qu'ils sont bons? Pour le médecin, la publicité est délicate. «Je refuse de devenir un médecin people. Je suis un praticien lambda pour des patients lambda», lance Cymes, qui consulte deux matinées par semaine à l'hôpital, mais refuse de parler de sa spécialité et de son lieu d'exercice.

Contraintes et sacrifices

En revanche, pour les deux autres, le problème est plus vite réglé. «On peut blaguer deux minutes sur la télévision mais après, on rentre dans le vif du sujet. Quelqu'un qui vend son appartement est avant tout intéressé par le prix qu'il va en tirer», précise l'agent immobilier Stéphane Plaza. «Les gens viennent dans mes restaurants parce qu'ils apprécient ma cuisine. J'ai des habitués, le bouche à oreille fonctionne», assure Cyril Lignac.

La télévision est peut-être un accélérateur de notoriété, mais ils y voient surtout une possibilité d'explorer d'autres voies, utiles pour leur spécialité. «J'ai dû me remettre au goût du jour en médecine générale pour mon émission, note Michel Cymes. En consultation, je suis donc plus attentif aux symptômes qui ne relèvent pas de ma spécialité.»

Stéphane Plaza enchérit: «Il faut se remettre en question en permanence.» Dans tous les cas, ces spécialistes disent ne pas redouter le jour où les chaînes ne feront plus appel à eux. Michel Cymes confie même que «cela [lui] permettrait de reprendre la chirurgie. Parce que faire de la télévision demande aussi des sacrifices.» Double vie, double contrainte!