Laurent Ruquier : « Je suis très heureux de succéder à Thierry Ardisson »

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Pour sa première édition hors du Québec, le festival d'humour "Juste pour rire" se déplace à Nantes du 25 avril au 1er mai, avec 150 artistes à l'affiche et l'ambition de devenir un rendez-vous d'envergure européenne. Le coup d'envoi du festival sera donné par l'animateur Laurent Ruquier.
Pour sa première édition hors du Québec, le festival d'humour "Juste pour rire" se déplace à Nantes du 25 avril au 1er mai, avec 150 artistes à l'affiche et l'ambition de devenir un rendez-vous d'envergure européenne. Le coup d'envoi du festival sera donné par l'animateur Laurent Ruquier. — Anne-Christine Poujoulat AFP/Archives

Interview de Laurent Ruquier, animateur sur France 2

Vous êtes demain à 20 h 50 sur France 2 pour une « spéciale imitateurs ». Lassé de votre case de 19 h ?

Non, mais je réponds aux producteurs qui me croient capable d'animer des divertissements de façon pas trop bête. Demain, nous offrons une contre-programmation face au Mondial sur TF1. Cela dit, je suis fan de foot... Je regarderai sans doute le match !

La Deux vous cajole en vous désignant comme successeur de Thierry Ardisson le samedi soir. Flatté ?

J'en suis très heureux. Je réfléchis à un concept différent de « Tout le monde en parle », mais je garde la même productrice, Catherine Barma [proche d'Ardisson], qui s'occupe aussi d'« On a tout essayé ». Je ne serai pas entouré de chroniqueurs. Et s'il est impossible de zapper les stars en promo, j'aimerais aussi inviter des inconnus.

A la télé rien n'est gratuit. La Deux vous a quand même enjoint à lâcher « Ça balance à Paris », sur Paris Première...

Je l'avais décidé il y a plusieurs mois, en raison de mon agenda surchargé. Mais je serais de toute façon resté sur France 2. Pour le lien tissé avec le public depuis six ans, et pour les dizaines de gens qui bossent en coulisses. « On a tout essayé » ne peut pas continuer sans moi, « Ça balance », si. D'ailleurs, Pierre Lescure devrait me remplacer.

Comprenez-vous qu'Ardisson ait fait le choix inverse ?

J'entends son argument : il doit à Paris Première son come-back, en 1995. La concurrence étant toujours plus rude entre les chaînes, je comprends aussi la position de France Télévisions. Mais, avec le départ de Marc-Olivier Fogiel de France 3, le service public perd deux émissions phares. Je le déplore.

Votre chroniqueur et ex-lofteur, Steevy roule pour l'UMP. Carolis vous a-t-il reproché de mélanger divertissement et politique ?

Non, et si ça posait problème, on ne m'aurait pas confié une nouvelle case. Ce qui intéresse un patron, c'est qu'une émission fonctionne. Avec 20 à 23 % de parts de marché, « On a tout essayé » réalise sa meilleure saison. Ce succès garantit notre liberté.

Des chaînes privées vous ont-elles dragué ?

La dernière fois, c'était TF1, pour « Les Niouzes » en 1995. Cela ne m'a pas porté chance : l'émission s'est arrêtée après une semaine.

Recueilli par Dan Israel