Evelyne Thomas : «Je voulais raconter ma vérité»

©2006 20 minutes

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Interview d'Evelyne Thomas, animatrice et productrice.

Après Ardisson ou Castaldi, vous cédez à la mode des animateurs versant dans l'autobiographie.

Vous auriez aussi pu citer Philippe Labro. Mais je ne suis pas un people de plus qui veut se faire du fric. Trop de gens ont déformé mon parcours, je voulais raconter ma vérité.

Ou occuper les plateaux en plein mercato télé, pour vous rappeler au bon souvenir des chaines ?

Je n'ai pas écrit ce livre pour me montrer à la télé ! Je n'ai pas besoin de ces émissions pour être en contact avec les diffuseurs.

Après votre départ de « Combien ça coûte » et l'échec de « Starting Over » en 2005 sur TF1, à quand le retour ?

Je suis toujours associée comme productrice à Pascal Bataille et Laurent Fontaine. Nous croyons beaucoup à « L'ascenseur », dans lequel deux personnalités antagonistes seront enfermées. Nous avons tourné un pilote avec Guy Carlier et Francis Lalanne. En tant qu'animatrice, je souhaite revenir à ce que je fais le mieux : interviewer des anonymes.

Pourquoi alors avoir quitté « C'est mon choix » en 2004, après cinq ans de succès ? Trop de désaccords avec Jean-Luc Delarue ?

Ça n'a jamais été une histoire d'argent. Je voulais empêcher l'émission de se répéter. Bertrand Mosca, le directeur des programmes de France 3 à cette époque, avait dit dans la presse que je devais me « creuser la cervelle pour renouveler la formule ». Pendant cinq mois, j'ai dit à Jean-Luc de se méfier, il ne m'a pas écoutée. Et la chaîne a tout arrêté.

Vous réclamez tout de même 3,5 millions d'euros à Delarue ! Le procès commence demain...

Je veux simplement faire respecter mes droits. A l'été 2004, une cinquantaine de « C'est mon choix » ont été rediffusés en guise de « best of ». Sans mon accord, ce qui contrevenait à mon contrat et bafouait mon droit à l'image.

Vous avez commencé votre carrière comme reporter pour la Trois. Vous êtes-vous perdue dans le divertissement ?

Non ! Je déteste les étiquettes. Comme si on ne pouvait pas être sérieux et ludique à la fois. Regardez Yves Mourousi : dans les années 1980, il pouvait interviewer Gorbatchev dans son « 13 heures » sur TF1, et le soir même faire des claquettes avec une banane sur la tête dans une émission de variétés.

Recueilli par Raphaëlle Baillot