Les vrais chiffres des animateurs-producteurs

©2006 20 minutes

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Qu'ont-ils vraiment signé ? Depuis plusieurs semaines, les animateurs-producteurs de France Télévisions bataillent contre la clause d'exclusivité que veut leur imposer Patrick de Carolis. Mais pas seulement. Le président veut aussi renégocier à la baisse certains contrats en or. Et pour cause : les sommes allouées aux vedettes du service public ont flambé entre 2000 et 2005. Le dernier audit interne révélait que le montant global de ces contrats était passé de 77 à 146,6 millions d'euros. En voici le détail, d'après plusieurs sources concordantes. Des chiffres à minorer de 5 à 10 % pour connaître les montants actuels, qui ont été renégociés.

En 2004, Thierry Ardisson a signé un contrat de plus de 20 millions d'euros annuels, contre moins de 5 millions en 2000. Les bonnes affaires de Tout sur l'écran, sa société, tiennent à « Tout le monde en parle », mais aussi à l'exposition grandissante d'« On a tout essayé » de Laurent Ruquier. A raison de 600 000 e pour un « Plus grand cabaret du monde » – soit le prix moyen d'une émission à 20 h 50 – Patrick Sébastien a pour sa part glané 11 à 12 millions en 2004-2005. Moins que Michel Drucker et ses 15 à 20 millions... Pascal Sevran, lui, s'est « contenté » de moins de 5 millions. Deux fois plus qu'en 2000, mais bien peu au regard du jackpot décroché par Jean-Luc Delarue, qui a perçu en 2004-2005 entre 35 et 40 millions d'euros. Soit 10 de plus qu'en 2000.

Débauché par M6, Marc-Olivier Fogiel affichait un contrat de 15 millions d'euros en 2005, deux fois plus qu'en 2000. Pour un « On ne peut pas plaire... », France 3 déboursait 300 000 e. Trop ? « Non, tranche un ex-ponte de France Télévisions. Le prix d'une émission se mesure à l'aune de ce qu'elle rapporte : en termes d'audience, donc de publicité, ces animateurs sont inestimables. » Or la pub est, après la redevance, la deuxième source de revenus du groupe... « S'horrifier devant ces chiffres est démago, poursuit un autre ancien. Les animateurs de la Une sont interchangeables, ceux du service public irremplaçables. » Traduction : par souci d'économie, France Télévisions pourrait se ruiner. Si Ardisson, en guerre ouverte avec ses dirigeants, finissait par claquer la porte, qui de lui ou de la holding perdrait le plus ?