«Le téléspectateur veut se divertir en gardant ses repères»

TELEVISION D'après Médiamétrie, la grande tendance de la saison 2011/2012 en matière de divertissement est la continuité: les chaînes du monde entier se basent sur des valeurs sûres et les déclinent autrement pour leur donner un nouveau souffle...

Anaëlle Grondin

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Capture d'écran du teaser de la série-réalité de W9 «Les Ch'tis à Ibiza».
Capture d'écran du teaser de la série-réalité de W9 «Les Ch'tis à Ibiza». — 20minutes

Donner une seconde jeunesse à des programmes de divertissement forts. Tel est le mot d’ordre actuel des chaînes de télévision du monde entier, souligne l'étude de Médiamétrie New on the air (Nota) rendue publique ce mercredi. Au lieu d’essayer de trouver de nouveaux concepts, celles-ci choisissent plutôt de surfer sur la vague des valeurs sûres. Ainsi les émissions qui connaissent du succès dans un pays se retrouvent de plus en plus souvent adaptées dans un autre. C’est le cas de «The Voice», qui doit débarquer sur TF1 d’ici au printemps et qui cartonne en Belgique et en Allemagne, alors que ce n’était pas la grande forme ces derniers temps chez les télécrochets en France. «Le téléspectateur veut se divertir en gardant ses repères», souligne Médiamétrie. L’idée est ainsi de conserver les thèmes classiques de programmes de divertissement comme la musique ou l’amour, et de continuer à les décliner.

La «constructed reality», format «tendance» cette saison 

Les grandes nouveautés sont plutôt à chercher du côté des téléréalités. «On voit de plus en plus ce que l’on appelle la «constructed reality» ou «scripted reality». Ce sont des programmes de téléréalité qui reprennent les codes de la fiction. Tout est scénarisé», explique à 20 Minutes Amandine Cassi, directrice des études Eurodata TV Worldwide (Médiamétrie). «C’est original dans la mise en scène, il y a un côté décalé qui plaît beaucoup aux jeunes et les situations sont parfois loufoques.» L’émission les «Ch’tis à Ibiza», par exemple, est présentée par W9 comme une «constructed reality», précise Amandine Cassi. «C’est vraiment un format tendance depuis cette saison» 2011/2012. Des programmes similaires devraient donc voir le jour cette année.

Et si en plus les programmes revêtent un caractère local, à l’instar des «Ch’tis à Ibiza», c’est encore mieux. «Les téléspectateurs du monde entier cherchent aujourd’hui davantage de proximité. Créations originales et adaptations locales remportent un franc succès», note Julia Espérance, consultante média à Eurodata TV Worldwide. L’humour doit également être au rendez-vous. «Les téléspectateurs  ont envie de rire et se  détendre», déclare Amandine Cassi. Et ils sont particulièrement séduits par le détournement de l’information comme le font très bien «Le petit journal» et «Après 20h c’est Canteloup». «Le contexte économique et social incertain pousse également le téléspectateur à s’y intéresser pour mieux le comprendre et aussi pour mieux en rire», souligne l’étude Nota, qui précise que les programmes traitant de l’économie et de la société (l’immigration par exemple) prolifèrent dans le monde. Toutefois, «seuls ceux qui en proposent un décryptage original tout en jouant sur la proximité avec le téléspectateur parviennent à fidéliser le public». 

Les smart émissions se développent

Cette proximité des émissions avec le téléspectateur se crée également grâce aux réseaux sociaux. «Facebook et Twitter sont devenus les compagnons incontournables des programmes», souligne l’étude. Certains choisissent de prolonger le rendez-vous avec des jeux sur leurs pages officielles, rappelle Amandine Cassi. En novembre dernier, TF1 a même lancé un nouveau concept avec «Danse avec les stars»: le tweet-replay. «Ça se fait aussi de plus en plus sur les fictions. On observe ce qui se passe sur Twitter pendant la diffusion des séries.  Mais on en est encore aux prémices, ce sera plus important avec la TV connectée», assure Amandine Cassi.