CFII, objet cathodique en quête d'identité

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Nouvel avatar dans une genèse chaotique. La CFII va bientôt changer d'état civil. Dans ce but, la future chaîne française d'info internationale a fait appel à une agence pour se trouver un nouveau nom. « Deux propositions nous séduisent particulièrement », précise Alain de Pouzilhac, président de la CFII. Impossible de révéler l'identité du cabinet sollicité pour rebaptiser l'antenne. Secret-défense ? « Nous entrons en phase finale de négociations. Si les propriétaires des noms qui nous intéressent apprennent que nous travaillons pour la CFII, ils risquent de faire monter les enchères », plaide une source de l'agence consultée.

Selon « la CNN à la française », le label CFII n'était qu' « un nom de code pour la mise en place du projet. De fait, il n'est ni mémorisable ni prononçable à l'étranger », précise Pouzilhac. Reste que l'intervention inopinée d'un particulier a précipité les choses. En 2003, Claude Bille, qui dit « travailler dans la communication », dépose les marques CFII et CII. Et crée dans la foulée les sites Internet associés. Dans le but de les négocier contre un gros chèque ? Probable, car l'intéressé se prétend aujourd'hui « seul propriétaire du nom CFII ». Pas de quoi convaincre le tribunal de grande instance de Paris : le 10 février, les magistrats l'ont débouté alors qu'il réclamait que la chaîne n'utilise plus « ses » marques. « Logique, il n'a pu justifier du lien entre ses activités et la diffusion de nouvelles internationales », se satisfait Me Arnaud Casalonga, conseil de la CFII. Pour Bille, la bonne affaire a donc viré à la mauvaise pioche. Et le changement de nom annoncé enterre ses espoirs.

Enfin une affaire qui finit bien pour la CFII. Avec un budget de 70 millions, quand BBC World dispose de plus du double, elle doit économiser son pécule. Ainsi, son conseil de surveillance a refusé d'octroyer 300 000 euros de salaire à Jean-Pierre Paoli, l'un de ses deux directeurs. Venu de TF1, il y est tout bonnement retourné. Issu de la même maison mais « se contentant » de 220 000 euros , Jean-Yves Bonsergent lui succède donc aux côtés d'Ulysse Gosset, venu de France3. Tous deux pilotent une antenne à ce jour anonyme.

Raphaëlle Baillot