Schneidermann tout près de l'arrêt sur image

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Qui veut la peau d'« Arrêt sur images » ? Depuis une semaine, le tam-tam médiatique bat son plein. L'émission de décryptage télévisuel de France 5 serait à l'agonie et passerait à la trappe en fin de saison. Des funérailles souvent promises à Daniel Schneidermann, au détail près que, cette année, le siège de l'animateur semble un peu plus éjectable que de coutume.

La machine s'emballe le 31 mars lorsque le décrypteur du PAF conteste l'intégrité journalistique de Béatrice Schönberg dans un article de Libération. Mariée au ministre des Affaires sociales Jean-Louis Borloo, la présentatrice des JT du week-end de France 2 ne pouvait, selon lui, aborder la crise du CPE en toute objectivité. L'article déclenche l'ire d'Arlette Chabot, directrice de l'info de la chaîne : « Béatrice Schönberg sera toujours journaliste quand son mari quittera le gouvernement », précisait-elle hier encore. Daniel Schneidermann « aggrave » son cas le 7 avril en retranscrivant sur son blog une conversation rugueuse avec Arlette Chabot. « Il est invraisemblable d'avoir rapporté cet échange privé », notait hier cette dernière.

Dans son édition du 13 avril, Paris Match taxe Schneidermann de « maccarthysme nouvelle sauce ». Les confrères enchaînent : le même jour, L'Express évoque le manque de « patriotisme d'entreprise » de l'animateur, dont le magazine relève du groupe France Télévisions. Le 18 avril, le site du Point avance que Patrick de Carolis aurait « pris Daniel Schneidermann en grippe » et qu' « Arrêt sur images » pourrait en faire les frais. Sur son blog, ce dernier écrit pourtant que « personne à la direction de France Télévisions ne m'a avisé d'une non reconduction ».

Hier matin sur Europe 1, Jean-Marc Morandini économise le conditionnel et annonce la suppression du magazine dès juin. Dans la foulée, Claude-Yves Robin, directeur de France 5, allume un contre-feu par dépêche AFP interposée : « L'émission n'est pas remise en question. » Bastien Millot, directeur délégué de France Télévisions, certifie qu'il « n'y a pas de problème Schneidermann », mais rappelle que « les grilles de rentrée ne seront validées qu'en juin ». Contacté hier, Jean-Marc Morandini n'en démordait pas. Selon des sources « sollicitées après les démentis du groupe », « Arrêt sur images » vivrait bien ses dernières heures. Daniel Schneidermann refusait hier soir de commenter ces infos non sourcées.

R. Baillot