Interview de Maître Collard

©2006 20 minutes

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Canal + s'intéresse ce soir aux dommages collatéraux de la téléréalité. Est-ce votre nouveau combat ?

Des participants à des émissions de M6 m'ont sollicité parce qu'ils s'estimaient lésés. A juste titre. Un invité de « Quelle famille » a été inspecté par la Ddass sur dénonciation d'un téléspectateur choqué par ses méthodes éducatives ! J'ai intenté une action en justice au tribunal de grande instance de Dignes contre Fremantle, le producteur de « Quelle famille », mais aussi de « Super Nanny », dont les conseils posent également problème. Nous allons demander réparation pour préjudices moraux et physiques.

Reste que vos clients participent à ces formats en connaissance de cause...

Ils se laissent aveugler par les sirènes de la notoriété. Mais dans téléréalité, il y a réalité. Or, les producteurs travestissent le réel. Pour l'éviter, il faut un contrat précis entre eux et les candidats. Ces derniers doivent pouvoir visionner les émissions avant diffusion, mais aussi conserver les rushes. Il faut également qu'à l'avenir, les maisons de production supportent les conséquences négatives de leurs programmes et s'engagent à dédommager les invités abusés. Bref, il est temps de créer un espace juridique, qui rééquilibre la relation entre filmeurs et filmés.

Quel regard portez-vous sur la victoire juridique obtenue par des candidats de « L'île de la tentation » ?

Le fait qu'en novembre, le tribunal des prud'hommes de Paris ait requalifié en CDD leur participation à ce jeu est une vraie avancée. Les candidats, contraints de se tenir à la disposition des producteurs, ont une légitimité à exiger contrat et rémunération.

Vous êtes le conseil de Robert Riblet. Sa croisade contre les « tricheries » de la Française des Jeux a eu du mal à passer à l'antenne...

Cet homme a été censuré, notamment sur M6 et Canal + [20 Minutes du 7 février]. Je m'en suis indigné dans une lettre au CSA. Je demande aux sages de diligenter une enquête.

A pourfendre la télé, ne sciez-vous pas une branche sur laquelle vous vous asseyez souvent ?

Je suis certes un avocat médiatique, mais j'ai le courage de déplaire aux médias. Qu'importe si on ne m'invite plus.

Recueilli par David Médioni

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