«La famille est devenue une valeur cathodique très sûre»

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Coauteur et réalisateur d’« Une famille formidable », ce soir à 20 h 50 sur TF1. Vous fêtez vos 13 ans d’antenne. A quoi attribuez-vous cette longévité ? A notre liberté de ton. Dès la première saison, en 1992, un de nos personnages mourait d’overdose. Maintenant, c’est devenu plus classique mais avant, on ne parlait pas de toxicomanie à la télé. Surtout dans les feuilletons familiaux. Même les séries américaines étaient très puritaines. Nous maintenons cette ouverture d’esprit puisque cette année, nous abordons l’homoparentalité. Cela n’effraie pas TF1 ? Bizarrement, pas du tout. Même si le ton ne cadre pas nécessairement avec la ménagère de moins de 50 ans. Ceci dit la série touche désormais autant les ados que leurs parents. Et je suis le seul à me censurer. Par exemple, je n’ai jamais réussi à parler du sida. Je peine à trouver un angle qui sorte du sensationnel. J’aime m’appuyer sur des faits de société, mais je ne suis pas là pour choquer le bourgeois. Vous avez fait des émules. M6 propose ainsi de plus en plus de fictions « familiales »... La famille est devenue une valeur cathodique très sûre. Sans doute parce que ses dysfonctionnements sont, eux, au coeur de l’actualité. Et puis les téléspectateurs ont vu la famille de la série grandir. Jennifer Lauret a commencé la série à 12 ans. Sa propre fille figure désormais dans le casting. La recette s’exporte-t-elle ? Très bien. Les Scan-dinaves sont fans. Dès qu’ils voient « famille » dans la bande-annonce, ils achètent. En revanche, aucune percée chez les Anglo-saxons. La production française est en effet handicapée par le format de 90 minutes. En Suède, ils coupent même nos épisodes en deux. D’où la tendance à passer aux 52 minutes... Ce standard vient des Etats-Unis, toujours plus en avance que nous. La télé a, sans trop réfléchir, importé le 90 minutes du cinéma. Or le 52 minutes est bien plus adapté au petit écran. Mais je ne compte pas m’y mettre pour « Une famille formidable ». Après dix-huit films, nous sommes habitués à cette écriture plus développée. A quand la prochaine ? Nous avons une programmation plutôt originale. On revient tous les deux, trois ans. Là, je vous donne rendez-vous en 2008. Recueilli par Alice Coffin