Les chaînes préfèrent le Mitterrand intime

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Dix ans après sa mort, le 8 janvier 1996, François Mitterrand fascine encore. Dès demain débutent les commémorations cathodiques en l’honneur de l’ex-locataire de l’Elysée. Mardi et mercredi, France 3 rediffuse François Mitterrand, le roman du pouvoir, biographie signée Patrick Rotman en 2001. « J’ai retracé cinquante ans d’une carrière qui captive les Français, affirme le réalisateur. Mais je m’étais interdit de pénétrer dans la sphère privée, alors qu’aujourd’hui, les médias survalorisent l’intime en politique. » Mitterrand n’échappe pas à cette approche « peopolisée ». En janvier 1997, « Les brûlures de l’histoire » de France 3 disséquaient son bilan. En mai 2001, Arte décryptait sa Prise du pouvoir vingt ans plus tôt. Cette semaine, la lucarne préfère focaliser sur sa trajectoire individuelle. Ainsi, Arte programme mercredi Les Mitterrand “s”, un « portrait psychologique ». « Les enjeux historiques de sa présidence ont été abondamment traités, justifie Eric Guéret, coréalisateur du film avec Serge Moati. Nous avons choisi d’éclairer sa personnalité, facette après facette. » Vendredi, France 3 propose Le Secret, sur les liens entre Mazarine, fille longtemps cachée, et son héros de père (lire ci-dessous). Et samedi, France 5 y va de son Rendez-vous avec François Mitterrand. A partir d’interviews menées entre 1984 et 1986, le psychanalyste Ali Magoudi « interprète » ses postures et ses propos : « Je souligne qu’il a toujours cherché à réincarner un mort : son oncle maternel, seul homme de gauche dans une famille de droite. » La mort, justement, rôde dans toutes ces émissions. « Mitterrand se savait malade depuis 1981, rappelle Jean-Pierre Elkabbach, patron de Public Sénat. Les Français se souviennent certes de la refondation du PS et de la construction européenne, mais ils retiennent aussi, surtout, sa lutte contre le cancer. » Samedi, Public Sénat rediffuse un des cinq entretiens accordés par Mitterrand à Elkabbach, entre 1993 et 1994. « Parce que j’y réclame la vérité sur son passé pétainiste, assure le journaliste. Mais aussi parce qu’on y voit un Mitterrand mourant. » Dan Israel