«Addicts, de la cité à la télé»

TELEVISION La nouvelle web-série d'Arte est l'aboutissement d'une collaboration entre professionnels de la télévision et comédiens amateurs...

Sandrine Cochard

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© Philippe Brault/Agence VU

Au départ ils étaient deux. Deux ados à croire dur comme fer à leur projet de court-métrage, «Djamel et Zak», sur la vie de deux jeunes de cité en quête de réinsertion. Un jour de pluie les place par hasard sur la route de la réalisatrice Lydia Hervel qui les prend sous son aile et les pousse à approfondir lors d’un atelier d’écriture.
 
Co-auteurs
 
Le projet prend forme, un pilote est tourné et présenté à Arte qui, séduite, décide de l’étoffer pour en faire une fiction qui deviendra Addicts, réalisée par Vincent Ravalec et produite par Mascaret Films. «On s’est lancé dans l’aventure avec cet objectif: comment créer une fiction réaliste qui propose un autre regard sur la cité?», se souvient Bénédicte Lesage, la productrice de la web-série diffusée sur Arte.tv dès ce lundi.
 
Pour cela, les comédiens amateurs de la série sont étroitement liés au processus créatif. A l’initiative du projet, «Djamel et Zak» jouent quasiment leur propre rôle dans la série. Si le travail d’écriture revient aux professionnels, dialogues et situations sont soumis à l’approbation des jeunes qui apparaissent d’ailleurs comme co-auteurs au générique. «Nous échangions à l’oral sur le scénario et sur les histoires de chacun, cela permettait de rebondir et d’aborder différents thèmes», reprend Bénédicte Lesage qui évoque une collaboration «frontale mais dans le bon sens». Et de s’assurer l’authenticité recherchée. «Les comédiens sont aussi naturels que dans la vie, se félicite Vincent Ravalec. Le projet n’aurait pu exister sans eux.»  L’aventure a été concluante: comédiens, réalisateur et producteurs se disent tous prêts à signer pour une saison 2.



 
Internet, nouvelle terre de créativité
 
Outre son aspect collaboratif, l’originalité du projet réside également dans son approche web. «Ça a été une entreprise empirique, il fallait accepter que tout ne soit pas calé au départ, s’adapter ne permanence. C’est un travail évolutif que l’on ne peut plus faire à la télévision», déplore Bénédicte Lesage. Reste l’option Internet.
 
«Le web permet une plus grande liberté, sans contrainte d’audience donc moins d’inquiétude, note la productrice. Les productions «sauvages» sur Internet permettent de renouveler les écritures, de faire émerger de nouveaux talents.» A condition toutefois de bénéficier du coup de pouce d’une chaîne pour doper sa visibilité…

>>Retrouvez toutes les vidéos de la série et des bonus sur le blog Addicts de 20minutes.fr