«La violence et le sexe sont beaucoup mieux acceptés dans une représentation du passé»

INTERVIEW Lucy Lawless, héroïne inoubliable de «Xena la guerrière» renoue avec la mythologie dans une nouvelle série, «Spartacus blood and sand»...

Recueilli par Anne Kerloc’h

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VILLARD/NIVIERE/SIPA

Rouge chevelure, habits ardents et tempérament chauffé à vif, Lucy Lawless interprète Lucrétia dans «Spartacus Blood and Sand», sur Orange cinéma séries, dès le 3 octobre prochain. Avec son mari, Batiatus, elle possède l'esclave gladiateur qui va se révolter dans la Rome Antique. 20 minutes l'a rencontrée au TV-Festival de Monte-Carlo. Interview.

Avant même sa sortie, la série «Spartacus Blood and Sand» a surtout fait parler d'elle pour son côté très sexe. Malédiction ou bénédiction?
Une bénédiction, définitivement! Même les critiques, les avis indignés sont positifs car ils intriguent encore plus le public. Dans ce cas précis, toute publicité est une bonne publicité.

 



Vous êtes connue pour avoir incarné durant des années Xena la guerrière. Vos fans sont toujours aussi présents?
Oui! Présents, fidèles et loyaux. Quoi que je fasse, ils me soutiennent et me pardonnent quand je vais jouer d'autres rôles. Ils savent que Lucy et Xena sont deux personnes différentes.

Dans «Spartacus», votre personnage est décrit comme « sexuellement vorace»...
En fait, je ne suis pas si sûre qu'elle s'éclate dans le sexe. Pour elle, le sexe, c'est l'amour quand elle le fait avec son mari, c'est une source d'orgueil quand elle plaît. Mais c'est surtout parce qu'elle veut désespérément avoir un enfant, donner un héritier à son mari. Elle utilise les hommes pour leur semence! Sinon, c'est une femme assez forte, elle a un côté «survivor». Dans sa relation avec son mari, c'est elle la dominante. Elle est libre aussi, ne se conduit jamais en fonction du regard des autres, de ce qu'on attend d'elle.

«Rome», «Les Tudors», maintenant «Spartacus, Blood and Sand». Pourquoi ce retour des séries historiques en costumes?     
En fait, vous pouvez raconter des histoires beaucoup plus intenses si vous les déplacez dans le temps ou l'espace. La violence dramatique, le sexe sont beaucoup mieux acceptés dans une représentation du passé. Alors que si la série s'ancre dans le contemporain, vous allez vous heurter aux limites morales, à l'opinion publique. Là, dans la Rome Antique, on se dit «oh, là, là, c'est dingue comment ils se conduisaient à l'époque, ah mon Dieu!». Mais on l'accepte!