Grâce à Canal+, «a star is porn»

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Voilà vingt ans que Canal+ et le porno filent le grand amour. Pour célébrer cette union, la chaîne cryptée diffuse dans la nuit de samedi à dimanche deux films : Le Plaisir à 20 ans (0 h 20), une parodie de porno dans laquelle apparaissent – habillés – ses présentateurs vedettes tels que Stéphane Bern ou Philippe Gildas, précédée d’un documentaire qui retrace l’évolution du genre : 20 ans de X (minuit). Deux décennies durant lesquelles la pornographie, aux côtés du cinéma et du football, a été la marque de fabrique de « la télé pas comme les autres ». En 1984, la chaîne payante fait ses premières armes avec des films roses programmés une fois par semaine. Mais le public voit rouge. « Le soft divisait les téléspectateurs. Il y avait ceux qui en réclamaient plus et les autres qui n’en voulaient pas du tout », se souvient Pierre Lescure, ancien patron de la chaîne. Nous avons opté pour du porno pur un samedi par mois en crypté et après minuit (conditions exigées par la Haute Autorité, ancêtre du CSA). Du jamais vu sur une chaîne française ». Le film Exhibition ouvre le bal en juillet 1985. Canal+ affronte alors une levée de boucliers. « Alain Peyreffite (ancien ministre de l’Information sous de Gaulle) nous a reproché à tort d’appâter le client », poursuit Pierre Lescure. Accusée de tous les vices, la chaîne s’achète une vertu en proposant une signalétique et en créant sa propre charte. « Nous veillons à ne pas porter atteinte à la dignité humaine. Pas de scatologie, de zoophilie, d’inceste ou de viol », explique le responsable des achats des « programmes pour adultes » de la chaîne, Henri Gigoux. Lequel a aussi été rédacteur en chef du « Journal du hard » créé en 1991 et présenté par Philippe Vandel. « L’idée de ce JT de 10 minutes, c’était de parler de ce cinéma comme d’un genre à part entière. » Aujourd’hui, la formule marche encore selon l’actuelle animatrice, Clara Morgane, ancienne star du porno : « Nous réunissons plus de deux millions de téléspectateurs par mois. » Reste qu’à partir de demain, elle va devoir affronter la concurrence. Celle de l’écrivain Claire Castillon (lire ci-dessous) qui prend les rênes sur TPS Star d’un magazine mensuel consacré à la sexualité « En attendant minuit ». La guerre du sexe peut commencer. Benjamin Oulahcene