L'Apocalypse déferle sur tous les fronts

DOCUMENTAIRE France 2 lance ce soir en prime time une série choc sur la Seconde Guerre mondiale...

Alice Coffin

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Royaume-Uni, 1940 : entraînement de femmes pour la défense civile (épisode 2).
Royaume-Uni, 1940 : entraînement de femmes pour la défense civile (épisode 2). — CC ET C

«Je suis un peu emphatique, mais bon…» Patricia Boutinard Rouelle, la directrice des documentaires de France 2, s’excuserait presque. Mais voilà, elle estime que «cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas vu sur le service public une série comme “Apocalypse”». En six épisodes de 52 minutes, ce docu, qualifié de «projet démesuré» par ses réalisateurs, Daniel Costelle et Isabelle Clarke, revient sur le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

Une violence «inimaginable»

«Sur le sujet, les films ne manquent pas, décrypte Pierre Baron, directeur de la rédaction d’Historia, dont la une du mois est consacrée à “Apocalypse”. Mais là, pour la première fois, on a une perspective complète. Sur tous les continents, chez les militaires comme pour les civils.» Pour commémorer le 70e anniversaire du début du conflit, «après tous ces films de guerre et d’archives, il fallait faire autre chose, confirme Daniel Costelle. L’idée était de témoigner du degré inimaginable de violence.»



Afin que les 800 plans de chaque épisode «soient tous un choc», poursuit-il, une équipe de quarante personnes a collecté 650 heures de rushs. Ces images d’archives, pour moitié inédites, ont été colorisées, et les sons des avions, bombes et mitrailleuses, recréés en studio. Le résultat a convaincu les premiers spectateurs. La série a été prévendue à 150 pays. «Même les Allemands, qui disposent pourtant d’un stock immense d’émissions sur le sujet, nous l’ont achetée», détaille Patricia Boutinard Rouelle. Déjà diffusé fin août en Belgique et en Suisse «Apocalypse» a doublé l’audience habituelle des chaînes.

Mardis 8, 15 et 22 septembre, à 20 h 35.
Opération séduction auprès du jeune public
«Dans les missions du service public, il y a le devoir de mémoire, explique Patricia Boutinard Rouelle. Il fallait que le film soit accessible aux jeunes.» Traduction immédiate: colorisation maximale. «On peut regretter l’esthétique noir et blanc, mais c’est impensable de ne pas avoir de couleurs si on veut atteindre ce public.» Même chose pour la bande-son, confiée au Japonais Kenji Kawai, un compositeur de dessins animés mangas et de films de science-fiction. Enfin, les commentaires sont lus par Mathieu Kassovitz, «icône d’une certaine révolte de la jeunesse», dixit Daniel Costelle. Bref, tout, y compris les titres des épisodes (L’agression, L’embrasement, L’enfer…), doit concourir «à leur en mettre plein les yeux d’un seul coup, poursuit-il. Je vise plus Il faut sauver le soldat Ryan qu’un documentaire élitiste.» De quoi initier une vogue spectaculaire du docu grand public.