Frak! «Battlestar Galactica», c'est fini. On regarde quoi maintenant?

TELEVISION La série s'est achevée en apothéose, laissant un vide galactique...

Philippe Berry

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La cène, version Battlestar Galactica
La cène, version Battlestar Galactica — SciFi.com
De notre correspondant à Los Angeles 


«Battlestar Galactica (BSG)» s’en est allé rejoindre les «Star Trek» et autre «Babylon 5» au panthéon des plus grandes séries de science-fiction. A la différence de «L Word» il y a deux semaines, BSG s’est offert un finale d’anthologie ce week-end aux Etats-Unis, laissant des millions de fans orphelins –et avec quelques questions sans réponses.

 

Son pitch semblait pourtant destiner la série à ne rencontrer qu’un succès confidentiel chez les nerds: après une attaque des cylons (des robots créés par l’homme), les 50.298 survivants de l’espèce humaine errent dans l’espace à la recherche de la Terre, protégés par le Galactica, un vieux vaisseau commandé par l’amiral Adama.

 

Mais voilà: en quatre saisons, BGS s’est révélé être un bijou de drama, que les filles se sont mises à regarder pour faire plaisir à leur copain avant de devenir complètement accros. Politique, religion, psychologie... «Battlestar Galactica» (librement adaptée d’une série un peu cheap des années 80) brasse large. C’est avant tout un drame humain, avec des personnages complexes, constamment tiraillés entre les actes nécessaires à leur survie et la morale. Un thriller théologique aussi, avec des cylons d’apparence humaine infiltrés dans la flotte et des Dieux supposés tirer les ficelles.

 

Ajoutez à tout ça une réalisation sans faille, une BO de haut vol et un impact dans toute la pop-culture (de «Veronica Mars» à «The Big Bang Theory» en passant par «Chuck», on ne compte plus les références): ce n’est que justice si BGS a été élue «meilleure série» par Time Magazine en 2005.

 

Adieu Bill Adama, Starbuck, Saul Tigh, Boomer, N°6 et les autres. La flotte vous salue.

 

Quoi regarder désormais?

 

En attendant un téléfilm et surtout la préquelle «Caprica», qui devrait débarquer en 2009-2010 et se pencher sur la création des cylons, que reste-t-il à la télévision pour l’amateur science-fiction et d’imaginaire?


Hormis l'excellent «True Blood» , l'automne dernier a été plutôt pauvre avec «Fringe» et «Terminator: Sarah Connor Chronicles». Depuis, d'autres ont débarqué.
 
 
«Kings»
Version moderne de l’histoire du roi David, la nouvelle série de NBC est une perle. Ian McShane (le patron du bordel dans «Deadwood) campe un despote formidable. Problème: les audiences du pilote ont été catastrophiques, et dimanche, ça ne s’est pas arrangé (sous les 5 millions). A moins d’un miracle divin, ça sent un peu le sapin.
 

 
 

«Dollhouse» (lire notre article)
Le bébé de Joss Whedon (créateur de «Buffy») a déçu –et pas qu’un peu– sur ses cinq premiers épisodes. Sauf qu’avec le sixième, diffusé vendredi, la série centrée sur Eliza Dushku et son cerveau programmable, semble enfin décoller. Selon une de nos sources proches du show, «Dollhouse» devrait se poursuivre sur ce rythme. A moins que Fox (là aussi pour de mauvaises audiences) ne débranche la prise.

 

 
 

«Legend of the Seeker»
D’Hercules à Xena, la fantasy est un genre plutôt maudit à la télé. Adapté du bestseller de Terry Goodkind («L’épée de vérité» en VF), «Legend of the Seeker» se range dans la catégorie des «plaisirs coupables». Le livre n’était pas exactement d’une immense subtilité. Le passage à la télé accentue un peu plus les clichés (image éthérée ici, abus de ralenti pendant le combats là). Mais le public est plutôt au rendez-vous, et la série a été renouvelée pour une seconde saison.

 

 
 
A venir
Parmi les séries les plus attendues, «Caprica», donc. Autre spin-off, «Stargate Universe» doit débarquer en octobre 2009 et semble, au vu du teaser diffusé il y a trois jours, beaucoup plus sombre que ses prédécesseurs. Beaucoup de curiosité également autour de «Red Mars», le roman de Kim S. Robinson qui décrit de manière ultra détaillée la colonisation de la planète rouge, en cours d’adaptation pour la chaîne AMC («Mad Men», «Breaking Bad»). ABC s’est lancé dans le remake de «V» (qui a traumatisé toute une génération d'enfants, avec ses extraterrestres à tête de lézard, grands amateurs de souris à l’apéro). Du côté de la fantasy, le salut viendra de HBO avec l’adaptation du «Trône de fer» de George R.R Martin. Qui, sur le papier, a tout pour devenir au moins aussi épique que «Rome».
 

Avez-vous déjà vu la fin de «Battlestar Galactica»? La série va-t-elle vous manquer? Qui pour la remplacer?

En France

«Battlestar Galactica» est diffusée sur la chaîne Sci-Fi (rebaptisée SyFy) et depuis l’été dernier sur NRJ12. Mais rien ne vaut la VO, ne serait-ce que pour la disparition du juron intraduisible «frak» (version futuriste de «fuck», qui a l’avantage d’échapper à la censure et de pouvoir être utilisé à toutes les sauces).