«United States of Tara» est-elle la meilleure série de la saison?

TELE Diffusée sur la chaîne Showtime, la série cartonne. Mais pourquoi?

Elodie Drouard

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Tara (Toni Collette) et ses multiples personalités incarnées dans «United States of Tara»
Tara (Toni Collette) et ses multiples personalités incarnées dans «United States of Tara» — SHOWTIME

Après une rentrée décevante («Fringe», «True Blood»...), on attendait beaucoup des nouveautés de la mi-saison et tout particulièrement du projet très alléchant du tandem bankable formé par la scénariste Diablo Cody (la bloggueuse oscarisée pour «Juno») et le producteur exécutif Steven Spielberg.
 
Sur le papier, on avait été intrigué par l'histoire de Tara (Toni Collette), une mère de famille décoratrice d'intérieur, atteinte de trouble dissociatif de l'identité (TPM) qui la métamorphose alternativement (et indifféremment?), lorsqu'elle est stressée, en T., une ado délurée et insolente, Alice, une femme au foyer très années 1950 ou encore Buck, un redneck violent et grossier. Ces troubles de l'identité interviennent depuis que Tara a décidé d'arrêter son traitement, pour retrouver sa créativité et sa libido, nous confie-t-elle. Assumées par Max (John Corbett déjà vu dans «Sex & the City»), son mari et ses deux adolescents Marshall et Kate, les multiples personnalités de Tara cohabitent presque naturellement au sein du foyer.
Traitant d'un sujet grave, les troubles de l'identité, cette comédie dramatique («dramedy») diffusée en 12 épisodes de 28 minutes, cartonne. Diffusé sur Showtime le 18 janvier dernier, le premier épisode de «United States of Tara» a rassemblé 880.000 téléspectateurs. Mieux que les débuts de «Dexter», «Weeds» ou encore «Californication», les poids lourds de la chaîne.
Explications.
 
La performance de Toni Collette
 
Portées par une Toni Collette ultra-convaincante, les quatre personnalités incarnées par Tara sont tout simplement bluffantes. On peut d'ores et déjà prédire à l'actrice australienne de multiples nominations aux Golden Globes et autres Emmy Awards. Son interprétation enflammée permet de faire oublier le caractère hors normes de son personnage. Une empathie particulière que l'on avait déjà ressenti pour «Dexter», ce psychopathe pourtant touchant. Et puis, en refusant sa médication, Tara réalise le fantasme de tout être humain: être multiple.
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Pas vraiment comique, pas vraiment dramatique

 
Pourtant, difficile d'être totalement séduit par «United States of Tara». Les nombreuses personnalités accumulent les clichés. Véritables caricatures au fort potentiel comique, on reste pourtant frustré avec l'impression de passer à côté d'un sujet grave. Car le véritable problème de la série est son hésitation perpétuelle entre la comédie et le drame, laissant le téléspectateur à la lisière du rire. Lorsque Tara apparaît à l'écran, on en vient presque à regretter que la série ne soit pas plus dramatique. Beaucoup plus touchante que ses «alters», Tara intrigue et nous émeut. Peut-être parce qu'elle est la seule à avoir conscience de sa terrible maladie...


 

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