Télévision

La nouvelle vie des vieilles séries sur DVD

Les vieux feuilletons s’offrent une seconde vie. Régulièrement rediffusés à la télévision, ils ressuscitent grâce au DVD. Plusieurs antiquités cathodiques sortent ainsi du placard. Parmi elles, « Bonne nuit les petits », « Le saint » ou « Le théâtre de

Les vieux feuilletons s’offrent une seconde vie. Régulièrement rediffusés à la télévision, ils ressuscitent grâce au DVD. Plusieurs antiquités cathodiques sortent ainsi du placard. Parmi elles, « Bonne nuit les petits », « Le saint » ou « Le théâtre de Bouvard ». « La télévision, contrairement au cinéma, fait davantage appel aux souvenirs », précise François Jost, spécialiste des médias. La résurrection de ces reliques télévisuelles correspond à une « vague nostalgique », analyse Stéphane Cochet, responsable marketing à l’Institut national de l’audiovisuel. Une tendance apparue, selon lui, autour des années 90. La télévision ne cesse en effet de faire du neuf avec du vieux. En témoignent les milliers d’heures de best of, de classements, de bêtisiers pondus chaque année par le petit écran. Aujourd’hui, les géants de l’édition et de la distribution font leurs choux gras de ce culte du revival. Il y a deux ans, TF1 Vidéo a ressorti en DVD deux séries cultes britanniques, « Amicalement vôtre » et « Le prisonnier », qui se sont vendues, au total, à plus de 500 000 exemplaires. Ces fictions sont « devenues transgénérationnelles », souligne Alain Carrazé, rédacteur en chef du magazine Episode. Koba Films est l’un des premiers éditeurs à avoir flairé la bonne affaire. Lancée en 1993, sa collection « Mémoire de la télévision », rassemblant une trentaine de titres dont « La demoiselle d’Avignon » et « Les Thibault », s’est écoulée à plus d’un million d’exemplaires. Face à ce succès, et avec l’essor du DVD, Koba Films continue de creuser son sillon. Faisant les fonds de tiroir, avec « Les compagnons de Jéhu » et « le 16 à Kerbiant », feuilletons de cape et d’épée des années 60. « Il y a une véritable niche, confie son PDG, Nicolas Velle. Nos clients ont en moyenne plus de 50 ans. Insatisfaits par l’offre télévisuelle, ils se tournent vers ces vieux feuilletons qui ont bercé leur enfance. » « Le cinéma crée des souvenirs, la télévision crée de l’oubli », prédisait le cinéaste Jean-Luc Godard. Il faut croire que le petit écran a bel et bien l’intention de se constituer sa propre mémoire. Sarah-Lou Cohen-Bacri