La cassette des «Infiltrés» sur les journaux people s'est évaporée

TELEVISION La cassette du quatrième numéro, consacré aux journaux people et diffusé sur France2 le 3 décembre prochain...

Alice Antheaume

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Les titres 20 minutes et Closer ont été condamnés à verser de lourds dommages et intérêts à deux photographes pour avoir publié, sans leur autorisation, un de leurs clichés mettant en scène Carla Bruni-Sarkozy dénudée et portant bottes, quelques jours avant son mariage, a-t-on appris lundi auprès du TGI de Paris.
Les titres 20 minutes et Closer ont été condamnés à verser de lourds dommages et intérêts à deux photographes pour avoir publié, sans leur autorisation, un de leurs clichés mettant en scène Carla Bruni-Sarkozy dénudée et portant bottes, quelques jours avant son mariage, a-t-on appris lundi auprès du TGI de Paris. — Joël Saget AFP/Archives

«Les Infiltrés», l’émission animée par David Pujadas qui repose sur le principe de la caméra cachée, font-ils peur? La cassette du quatrième numéro, consacré aux journaux people et diffusé sur France2 le 3 décembre prochain, vient d’être dérobée. Cela est arrivé dans les locaux de Capa, la société de production qui réalise l’émission. Une information révélée ce mardi midi dans «L’édition spéciale» de Canal+ et confirmée à 20minutes.fr par Capa. Plutôt que de parler de vol, Capa préfère dire que «la cassette a disparu».

«On tient à la nuance entre disparition et vol, car cela arrive que les cassettes soient perdues», modère encore la société. Et si, le 3 novembre, Capa a déposé une main courante au commissariat du XVe arrondissement de Paris, c’est «parce que notre service juridique nous oblige à signaler toute disparition, reprend Capa, interrogé par 20minutes.fr. C’est pour que nous ayons un recours au cas où la vidéo se retrouve sur le Net».

Reste que cette disparition n’empêchera pas les téléspectateurs de découvrir l’émission, puisque Capa a assuré avoir toujours en sa possession un double de l’émission.

La série de rebondissements

Pas encore diffusé et déjà, ce numéro fait l’objet d’un soap à rebondissements. Fin octobre, lorsque le producteur Hervé Chabalier annonce que les magazines people font bel et bien l’objet d’une infiltration - une journaliste de Capa s’est faite embaucher en tant que stagiaire par «Closer», il n’y va pas avec le dos de la cuillère: «C'est un sujet plus léger que les maisons de retraites, les sectes ou le travail au noir, c'est vrai. Mais la presse people est un monde clos, absolument clos. Les stars ont un nom de code par exemple, a-t-il justifé. Ce qui n'est pas normal, et vous le verrez dans le reportage, c'est que la triche est partout. 70% des histoires sont inventées. Ce sont des montages. On fait n'importe quoi pour faire rêver les gens. Avec ce document, on veut que les gens en prenne conscience.»
 
A la suite de cette annonce, onze journalistes de «Closer», qui n’est pourtant pas le seul journal visé par l’émission, déposent plainte pour atteinte «au droit à l’image» devant le tribunal de grande instance de Paris et demandent l’interdiction de la diffusion de l'émission en question. «Les journalistes de Closer (dont certains ont travaillé à France 2, au Figaro, au Parisien) ne sont pas des stars, n'ont pas une vie publique avec ses avantages et ses désavantages, n'ont pas vocation à voir les propos privés, échangés entre collègues (comme il s'en échange dans tous les bureaux et toutes les rédactions de France) en deuxième partie de soirée sur France 2!», argue cet article publié sur le site de Closer.

On ignore si une enquête a été ouverte, mais «Closer» compte en tout cas faire savoir que «les méthodes les plus violentes et les plus intrusives sont davantage celle de Capa que celles de la presse people».