Quand Balladur propose de repousser la suppression de la pub sur France Télévisions

TELEVISION Une idée déjà rejetée par Christine Albanel...

Avec agence

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Les grandes manoeuvres ont débuté mardi à l'Assemblée, à Matignon et à l'Elysée, pour trouver au sein de l'UMP et avec les socialistes un compromis sur la réforme des institutions qui continue de diviser à droite comme à gauche.
Les grandes manoeuvres ont débuté mardi à l'Assemblée, à Matignon et à l'Elysée, pour trouver au sein de l'UMP et avec les socialistes un compromis sur la réforme des institutions qui continue de diviser à droite comme à gauche. — Joel Saget AFP/Archives

Et si, à cause de la crise financière, on reportait la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, qui doit commencer dès janvier 2009? L’idée vient d’Edouard Balladur, ancien Premier ministre (UMP), invité de l'émission «Dimanche soir politique» sur la chaîne I-télé.

«Je propose de réaffecter les compensations financières prévues pour France Télévisions au Revenu de Solidarité active (RSA), a-t-il lancé. Cela serait une bonne façon d'envoyer un signal aux citoyens pour leur prouver la préoccupation de l'Etat à gérer la crise économique.»

S’il a fait cette proposition à l’écran, Balladur n’a pourtant pas défendu cette idée ailleurs.
 
La crise n'arrête pas les réformes, défend le gouvernement

Une idée aussitôt rejetée par le gouvernement, Christine Albanel, la ministre de la Culture, en tête: «Ce n'est pas parce qu'il y a la crise qu'il faut interrompre tout ce qui est entrepris en termes de réforme, a-t-elle répondu sur France Info. La crise n'est pas le moment où on arrête toutes les réformes… au contraire.»
 
De même, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a surenchéri en assurant que Nicolas Sarkozy lui avait réaffirmé son intention de mener à bien la réforme de l'audiovisuel public «dans son ensemble». Autrement dit, sans retarder la suppression de la publicité télévisée, une partie de cette réforme.

Selon Albanel, le projet de loi sur l'audiovisuel «est une grande réforme», à laquelle son ministère travaille depuis «presque un an». «La loi est prête, elle va passer en Conseil des ministres le 22 octobre, a-t-elle dit. Tout le monde l'a anticipée». Ce qui n'est pas tout à fait exact vu le paquet de retardements qu'a déjà connu ce projet de loi.
 
Moratoire apprécié

La proposition de Balladur a aussi fait réagir le syndicat SNJ qui la trouve «pour le moins surprenante» mais n’est pas contre l’idée du moratoire, qui permettrait de mener «plus en douceur» la réforme de l’audiovisuel public. Edouard Balladur «a oublié une chose, les 450 millions d’euros destinés à compenser la perte des recettes publicitaires sur France Télévisions n’existent pas!», assure le SNJ dans un communiqué. «Difficile de croire que ces puissants lobbys sauteront de joie à l’idée de financer le RSA au lieu de France Télévisions».