La vague multikulti arrive en France

SERIES Les séries multi-culturelles peine à se développer dans le paysage audiovisuel français.

Anne Kerloc’h

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YAGMUR ÖZTÜRK, «Family Mix»
YAGMUR ÖZTÜRK, «Family Mix» — ZEN PRODUCTION / (c) Westwind Pictures

La petite mosquée revient dans la prairie. Canal+ a reprogrammé cette sitcom, dont la seconde saison est diffusée tous les soirs à partir d’aujourd’hui, à 18 h 20 et en clair. Retour donc à Mercy, son imam sexy et son ex-imam Baaber qui ne comprend pas que les «Desperate House­wives» soient désespérées «puisqu’elles ne font que suivre leur devoir de femme». «On se demandait si cette série, dont l’héroïne est voilée, serait bien perçue, note Sandra Ouaiss, directrice des acquisitions de Canal. L’accueil reçu nous a incités à une diffusion quotidienne.»
Le groupe n’en a pas fini avec la vague «multikulti» (multiculturelle), puisqu’il a aussi proposé en avril sur Canal+ Family «Family Mix», série sur une famille recomposée avec papa turc et maman allemande. Et qu’elle diffusera à la rentrée «Aliens in America», histoire d’un jeune Pakistanais débarquant dans une famille du Wisconsin. Mais si le «multikulti» se parle en allemand ou anglais, il n’existe à ce jour aucune série française. « Il y a une frilosité, constate Malek Chebel, auteur de L’Islam pour les nuls (First Editions). A cause, entre autres, d’une laïcité qui place les cultes à la marge. Ce serait pourtant bien d’avoir une série qui parle de manière affectueuse et cocasse des musulmans.»

>>> Le match des héroïnes voilées, c'est ici...

Le salut viendra-t-il (encore) de Canal ? Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction française, glisse : « Nous aimerions lancer des comédies sociales. Parce qu’elles parlent d’intégration, les « multikulti » sont une possibilité… »