«Enquête d'Action» dans la ZAD: «On a fait des concessions sur le maquillage et la coiffure»

INTERVIEW Marie-Ange Casalta a livré ses impressions sur la ZAD où elle a tourné des plateaux pour « Enquête d’Action », diffusé ce vendredi à 21 heures sur W9…

Propos recueillis par Claire Barrois

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Marie-Ange Casalta présente un numéro d' «Enquête d'Action» sur la ZAD, ce vendredi à 21h sur W9
Marie-Ange Casalta présente un numéro d' «Enquête d'Action» sur la ZAD, ce vendredi à 21h sur W9 — Cyril LAGEL/W9

Ce vendredi à 21 heures, W9 diffuse un magazine d'Enquête d'Action un peu spécial. Marie-Ange Casalta, s'est rendue dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes cette semaine, alors qu'elle était en plein démantellement par les forces de l'ordre. La présentatrice nous a livré ses impressions sur l'événement de la semaine.

Vous êtes allée dans la ZAD pour le numéro de ce vendredi, c'est assez rare de vous voir sur le terrain, non ?

On a décidé de partir mardi parce qu'on se disait : « Il se passe quelque-chose ». Et puis la ZAD, c'est un univers secret. Tout le monde se demande si ce sont des punks à chiens, des écolos engagés... Nous avons voulu les rencontrer pour en avoir le cœur net. C'est intéressant de voir ce qui pousse ces gens à vivre comme ça, dans une société à part. 

Comment avez-vous réussi à rentrer dans la zone ?

Quand nous sommes arrivés sur place, personne ne rentrait, tous les accès étaient fermés parce que les forces de l'ordre ne voulaient pas que les zadistes aient des renforts. Adrien Nos, un journaliste nantais de la rédaction de M6 qui connaît très bien la ZAD, nous a aidés. C'était très très difficile d'accès. Nous avons marché dans les marécages avec de la boue jusqu'aux genoux, il y avait des lacrimos, des grenades assourdissantes... Adrien nous tenait les barbelés électrifiés pour qu'on rampe dans la boue et la bouse. A un moment, nous nous tenions entre les barrages enflammés des zadistes et des gendarmes armés jusqu'aux dents, c'était incroyable ! On se serait cru au milieu d'une guerre civile. 

A ce point-là ? 

Mon iPhone m'a indiqué que j'avais marché dix kilomètres dans la journée. Et on a marché dans l'eau, on a même traversé une rivière avec 30.000 euros de matériel. Et c'était tendu, les zadistes étaient cagoulés.

Aviez-vous un équipement spécial ?

On avait un casque de skate, des bottes qu'on était passés chercher à Décathlon dans la matinée. Je portais également un ciré à capuche et des lunettes de plongée. Pour les plateaux, j'enlevais tout, mais on devait attendre cinq minutes que la marque des lunettes s'estompe pour tourner. Et en-dessous du ciré, j'avais un perfecto et un legging d'équitation sur lesquels il y avait tout de même un peu de boue... On a aussi fait des concessions sur le maquillage et la coiffure, on ne peut pas faire du glamour tout le temps.

Est-ce que vous aimez cette spontanéité ?

On a fait des plateaux sur le vif, encerclés par des gendarmes. Nous n'avions jamais tourné dans ces conditions. C'était du magazine avec les codes d'une chaîne d'info. Nous sommes allés voir les conditions de vie des zadistes, je suis entrée dans leurs cabanes... Cette actualité se prêtait vraiment au terrain, et on n'hésite pas à bousculer la programmation dans ce genre de cas.