«Questions pour un champion»: Julien Lepers demande 3,4 millions d'euros pour son licenciement

JUSTICE L’animateur et son ancien producteur se sont affrontés jeudi par avocats interposés…

V. J.

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Julien Lepers.
Julien Lepers. — Nathalie Guyon - France Télévisions

Tout le monde se souvient de son éviction surprise de Questions pour un champion fin 2015, et son remplacement par Samuel Etienne. Deux ans plus tard, Julien Lepers était jeudi aux prud’hommes, où il réclame 3,4 millions d’euros d’indemnités, pour licenciement « sans cause réelle et sérieuse », à FremantleMedia, le producteur du jeu dont il était salarié à hauteur de 40.000 € par mois pour une semaine d’enregistrement.

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« Julien Lepers est un justiciable comme les autres qui s’est retrouvé licencié après 28 ans de service pour des motifs discriminatoires et injustifiés, a défendu son avocat Me Lambert, comme le rapporte Le Parisien. Fremantle a utilisé une technique de cow-boy. Ils ont trouvé deux arguments : une baisse d’audience et le fait que Julien Lepers n’incarnait plus la ligne éditoriale, était devenu ringard. Mais ce ne sont pas des motifs juridiques. Le dossier est vide. »

« Stressant, ringard, lourd »

En face, on rejette la discrimination. « Il n’y en a pas. Son remplaçant n’a pas la peau rouge et ce n’est pas un transgenre : c’est un homme, envoie Me Eric Manca, l’avocat de FremantleMedia. Dès octobre 2014, un rapport montrait que le concept du jeu était en phase avec les attentes du public mais que son efficacité était limitée par le présentateur jugé trop rapide, stressant, ringard, lourd. » Sans oublier les baisses d’audience.

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L’avocat de Julien Lepers met également en avant le préjudice causé par ce licenciement brutal : « Il n’a rien touché. Etre viré, cela fait tache quand on est un homme d’image et que c’est son métier. Depuis son licenciement, il est apparu à la télévision dix fois en deux ans sur invitation alors qu’il y était présent 365 jours par an ». La partie adverse cite alors Danse avec les stars, une comédie musicale, un livre…

L’animateur ne tient plus et prend la parole : « Les trois quarts des choses qui viennent d’être dites sont fausses. Je n’ai pas d’obligation d’audience dans mes contrats. C’est un licenciement abusif en plein mois de février où l’on a attendu le lendemain de l’enregistrement de 42 émissions pour me dire que c’était fini. Je n’ai même pas pu dire au revoir aux 2,2 millions de téléspectateurs qui me regardaient. C’est du jamais-vu en France ! » Le jugement sera rendu le 5 avril prochain.