Livre de Thierry Beccaro: «Les personnalités écrivent et témoignent pour interpeller la société»

INTERVIEW Thierry Beccaro révèle dans un livre qui sort ce jeudi les violences qu'il a subies lorsqu'il était enfant...

Propos recueillis par Anne Demoulin
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Thierry Beccaro sort ce vendredi «Je suis né à 17 ans» dans lequel il raconte son passé d'enfant battu.
Thierry Beccaro sort ce vendredi «Je suis né à 17 ans» dans lequel il raconte son passé d'enfant battu. — BENAROCH/SIPA

Derrière la bonne humeur, la douleur. L’animateur de Motus, Thierry Beccaro sort ce jeudi un livre intitulé Je suis né à 17 ans  (Ed. Plon), dans lequel il témoigne pour la première fois sur son passé d’enfant battu. Thierry Beccaro n’est pas la première personnalité à raconter dans un ouvrage des violences subies par le passé.

Dans son livre autobiographique, La Consolation, paru en octobre 2016,  Flavie Flament avait raconté le viol dont elle avait été victime alors qu’elle n’avait que 13 ans. Dans Le coeur sur la main, le doigt sur la gachette, sorti en novembre 2016, Valérie Damidot avait relaté son passé de femme battue. Pourquoi ces people ont-ils ressenti le besoin d’écrire ces livres ? Réponse avec Gérard Lopez, psychiatre et président de l’Institut de victimologie.

Pourquoi ces personnalités décident d’écrire sur les violences qu’elles ont subies ?

Presque toutes les victimes voudraient que les violences qu’elles ont subies n’arrivent pas aux autres. Si ces personnalités écrivent et témoignent, c’est pour interpeller la société, que ces questions soient prises en compte par l’État. En France, une femme meurt tous les trois les jours sous les coups de son conjoint et deux enfants par jour décèdent des suites de maltraitance, selon les chiffres de l’Inserm. Ces personnes connues profitent de leur notoriété pour militer, pour que les choses changent, pour que, par exemple dans le cas de Flavie Flament, la loi sur la prescription change. Leur témoignage sur comment ils ont subi l’horreur, c’est pour dire « plus jamais ça ». C’est sur ce principe que reposent toutes les associations de victimes. 

Ces livres sont généralement écrits longtemps après les violences subies…

Ce n’est pas facile, il faut beaucoup de courage, il faut lever le voile sur la honte. Souvent, les victimes ont fait de nombreuses tentatives pour parler mais elles n’ont pas été écoutées. Il faut être assez solide et structuré pour oser faire ça.

Est-ce qu’écrire permet de surmonter les traumatismes liés à ces violences ?

Peut-être, parce qu’il y a un effet de reconnaissance des violences subies. Mais pour surmonter un traumatisme, il vaut mieux aller voir un psy. Primo Levy a écrit de nombreux livres sur les violences qu’il a subies dans les camps de concentration, cela ne l’a pas empêché de se suicider.

Ces ouvrages permettent-ils de faire évoluer la société ?

Parfois. Souvenez-vous du livre de Marie-France Hirigoyen, Le harcèlement moral : La violence perverse au quotidien, il a été à l’origine des lois contre le harcèlement au travail.