Sébastien Folin, sur France Ô: «Ce n’est pas parce que c’est une petite chaîne que l’exigence est moindre»

INTERVIEW L'animateur propose une nouvelle émission de confessions sur France Ô

Benjamin Chapon

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Sébastien Folin présente Clair Obscur sur France Ô, émission enregistré dans l’hôtel particulier du studio Harcourt
Sébastien Folin présente Clair Obscur sur France Ô, émission enregistré dans l’hôtel particulier du studio Harcourt — France Ô

Harry, c’est fini. Sébastien Folin a à peine fait ses adieux au jeu télé de France 3 que le revoilà sur le service public. L’animateur vient de lancer Clair Obscur sur France Ô. Dans cette émission, Sébastien Folin accueille un invité unique pendant une heure, pour un portrait en profondeur dans les locaux du  prestigieux studio Harcourt.

La page Harry vient de se tourner pour vous. Nostalgique ?

Les émissions s’arrêtent, les animateurs changent. C’est le jeu… Moi je cherche à avoir une certaine continuité dans mon travail, d’avoir toujours au moins une émission à l’antenne mais surtout d’avoir une continuité de ton. Je veux faire des émissions qui me ressemblent.

C’est-à-dire ?

C’est assez compliqué à expliquer… Je n’aurais pas dû dire ça (rires).

Vous avez un fort capital sympathie auprès des téléspectateurs. Cela vous aide-t-il, en tant que producteur, à vendre des projets aux chaînes ?

Je suis à la vie comme à l’écran, plutôt simple et franc. Pour l’instant, ça me réussit bien et ça me permet d’être à l’aise dans mon métier.

Le projet « Clair obscur » a-t-il été difficile à monter ?

Ce projet a mis presque un an à aboutir. C’est long mais c’est normal. Comme j’ai travaillé avec France Ô plusieurs fois depuis 2011, on est en confiance. Mais ce n’est pas parce que c’est une petite chaîne que l’exigence est moindre.

Si on doit résumer, il s’agit d’une émission de confession. Basique…

L’idée de départ est assez simple : raconter le parcours inspirant et à dimension universelle d’une personnalité. Mais je voulais apporter un ton et un esprit. Puisque le fond est assez basique, il fallait travailler la forme. On a eu l’idée de se rapprocher du spécialiste mondial du portrait : le studio Harcourt. Il y a immédiatement eu une curiosité de leur part. Ensuite, il a fallu convaincre la chaîne de le faire en noir et blanc.

C’était important ?

Primordial. Ça apporte de la cohérence. On est chez Harcourt, on le fait en noir en blanc. Ce n’est pas qu’une coquetterie. L’idée n’est absolument pas de faire une émission passéiste mais une émission de 2018. Ce qui est amusant c’est que la plupart des archives qu’on diffuse sont en couleur…

Est-ce une émission à dimension intimiste ?

Tout le monde a une histoire, vous et moi. Mais j’essaye de tirer des parcours des invités des valeurs universelles, des choses qui parlent à tout le monde. Quand Thierry Marx parle de son combat, dès 6 ans, contre le déterminisme social, ça vous parle… Quand Alain Bernard explique qu’il a fait l’équivalent du tour de la Terre à la nage pour quelques secondes de bonheur aux Jeux Olympiques, ça vous parle aussi…

Avec le recul, quel genre d’intervieweur êtes-vous ?

Je suis dans le respect mais aussi un certain détachement. Le côté midinette admiratif, ça ne marche pas. Le secret d’une bonne interview, c’est de bien la préparer. L’émission est très chapitrée avec dix archives qui permettent à l’invité de réagir. Et moi j’arrive avec 70 questions préparées. Finalement j’en pose une quarantaine. Tout ça laisse assez peu de place à l’improvisation. J’improvise quand c’est nécessaire ou que l’occasion se présente. Le dosage est assez fin. C'est un métier vous savez...