«Je voulais juste rentrer chez moi»: Quand les affaires criminelles inspirent des téléfilms

FICTIONS Alors que France 2 diffuse ce mercredi à 20h50 « Je voulais juste rentrer chez moi », retraçant le parcours de Patrick Dils accusé à tort d’un double meurtre, « 20 Minutes » revient sur des téléfilms inspirés d’affaires judiciaires célèbres…

Fabien Randanne

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Thomas MUSTIN (au premier plan), incarne Patrick Dils dans le téléfilm «je voulais juste rentrer chez moi».
Thomas MUSTIN (au premier plan), incarne Patrick Dils dans le téléfilm «je voulais juste rentrer chez moi». — PHILIPPE LE ROUX / FTV
  • « Je voulais juste rentrer chez moi », diffusé ce mercredi soir sur France 2 retrace l’erreur judiciaire dont Patrick Dils a été victime.
  • Depuis une vingtaine d’années, les chaînes produisent régulièrement des téléfilms sur des affaires qui ont défrayé la chronique. Les bons résultats d’audience sont généralement au rendez-vous.

Ce mercredi, France 2 diffuse Je voulais juste rentrer chez moi, un téléfilm réalisé par Yves Rénier qui retrace l’erreur judiciaire dont a été victime Patrick Dils, condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de deux enfants avant d’être innocenté et libéré en 2002. Le scénario, qui aborde cette histoire via la mère du jeune homme - incarnée par Mathilde Seigner - décidée à prouver son innocence, s’ajoute à la désormais longue liste des fictions relatant les affaires et les procès qui ont défrayé la chronique en France. Un gage de succès d’audiences. La preuve par quatre.

  • L’Affaire Dominici

Avec L’affaire Dominici, téléfilm diffusé en 2003, TF1 a officieusement donné le coup d’envoi des fictions télés centrées sur des faits divers célèbres, alors que jusque-là, c’était essentiellement le cinéma qui s’y attelait. Michel Serrault a livré une prestation remarquée dans le rôle principal, celui d’un paysan accusé du triple meurtre de touristes britanniques en 1952. Un procès qui avait divisé la France entre ceux qui étaient convaincus de son innocence et les autres. A la clé, un carton pour la première chaîne puisque les trois épisodes ont été suivis en moyenne par 12 millions de téléspectateurs et 50 % de parts d’audience. C’est-à-dire qu’un téléspectateur sur deux qui était devant son petit écran ces soirs-là a regardé le téléfilm.

  • Marie Besnard, l’empoisonneuse

En 2006, Muriel Robin est méconnaissable dans le rôle titre de Marie Besnard, l’empoisonneuse. Le téléfilm de Christian Faure retrace ce feuilleton judiciaire qui a captivé la France d’après-guerre. La « Bonne Dame de Loudin », comme elle fut surnommée, était accusée d’avoir tué par empoisonnement son mari et onze autres personnes. Le public a été au rendez-vous puisque les deux volets ont été vus par 11 millions de téléspectateurs lors de leur première diffusion sur TF1. L’année d’après, Muriel Robin a été récompensée à Los Angeles de l’International Emmy Award de la meilleure performance d’actrice pour un rôle qui n’avait rien d’un cadeau empoisonné.

  • L’Affaire Villemin

S’il y a un fait divers qui ne cesse d’obséder la psyché française, c’est bien la disparition du petit Grégory Villemin, assassiné en 1984 et dont l’enquête se poursuit. Raoul Peck a adapté avec Pascal Bonitzer cette tortueuse histoire en six épisodes de 52 minutes. Le scénario s’appuie sur les livres Seize Octobre cosigné par les époux Villemin et Laurent Beccaria et Le Bûcher des innocents de l’ex-journaliste Laurence Lacour. A l’exception de Jean-Marie et Christine Villemin, parents de l’enfant, les noms de tous les protagonistes ont été changés. Cela n’a pas empêché France 3 et Arte, qui ont diffusé L’Affaire Villemin en 2006 et 2008 d’être condamnées pour diffamation envers Bernard Laroche.

  • L’Affaire Christian Ranucci : Le combat d’une mère

Comme dans Je voulais juste rentrer chez moi, L’Affaire Christian Ranucci​ diffusé en 2007 sur TF1 aborde le fait divers par le prisme de la mère de l’accusée. Catherine Frot y joue Héloïse Mathon, la mère de Christian Ranucci qui a été condamné à mort en 1976 pour le meurtre de la petite Marie-Dolorès Rambla et qui a toujours clamé l’innocence de son fils. Le jeune homme, guillotiné l’année de sa condamnation à l’âge de 22 ans, est l’un des derniers à avoir été exécuté en France. La publication du livre Le Pull over rouge, en 1978, relancera le débat sur son innocence. L’avocat du père de Marie-Dolorès Rambla avait fait savoir qu'il souhaitait empêcher le tournage. En vain. Côté audiences, le téléfilm a été suivi à l’époque par 7,3 millions de téléspectateurs.