«Top Chef»: On nous ment! Après une heure en cuisine avec les chefs, on les a trouvés gentils

EXPÉRIENCE Faire partie de la brigade de Jean-François Piège, c’est flippant. Et pourtant…

Claire Barrois
— 
Le chef Jean-François Piège et la concentration (admiration, STRESS ?) de la journaliste de «20 Minutes».
Le chef Jean-François Piège et la concentration (admiration, STRESS ?) de la journaliste de «20 Minutes». — Marie ETCHEGOYEN/M6
  • « Top Chef » reprend ce mercredi à 21 heures.
  • Pour l'occasion, « 20 Minutes » s'est mis à la place des chefs en compétition.
  • Dans la brigade de Jean-François Piège, on a vécu quelques moments de stress, mais on a surtout profité de son expérience.

« Plus que cinq minutes avant l’arrivée des chefs ! » Vous la voyez, la tête déconfite des cuisiniers (professionnels, accessoirement) quand Stéphane Rotenberg leur annonce le petit tour d’inspection du jury de Top Chef ? Maintenant imaginez celle de journalistes - professionnels aussi, mais pas de la cuisine - dans la même situation. Oui, c’est la panique. Bienvenue dans la peau de journalistes qui se prennent pour des cuisiniers à l’occasion du lancement de la neuvième saison de Top Chef, ce mercredi à 21 heures.

A gauche, la journaliste de « 20 Minutes » qui fait bonne figure en coupant des dés de mangue. A droite, une autre journaliste qui a la lourde tâche de lever les filets de dorade à 9h30.
A gauche, la journaliste de « 20 Minutes » qui fait bonne figure en coupant des dés de mangue. A droite, une autre journaliste qui a la lourde tâche de lever les filets de dorade à 9h30. - Marie ETCHEGOYEN/M6

Un coup de chiffon pour nettoyer le plan de travail, un mélange des aliments vite fait histoire de… Jean-François Piège est dans la place pour observer notre travail. Ingrédient décliné ce jour : La dorade. Chacune des quatre équipes de journalistes de France et de Navarre (par Navarre, entendez la Belgique) a hérité d’une recette imaginée par un vrai cuisinier - heureusement. Nous avons hérité de la seule qui ne demande pas de cuisson. Une épreuve en moins pour nous, qu’il faut compenser par un bon assaisonnement, nous conseille le chef.

Un coup d’œil, et c’est réglé

Salutations faites (on a beau être en pleine compétition, on n’en oublie pas d’être civilisés), Jean-François Piège jette un regard à notre saladier rempli de dés de dorade et de mangue et fait une petite moue. Notre ceviche (une recette péruvienne de poisson cru mariné dans du citron vert) devra impressionner le jury composé de Michel Sarran, Hélène Darroze, Philippe Etchebest, et le chef de notre brigade, qui n’aura pas le droit de voter pour notre assiette. Et pour l’instant, c’est pas gagné.

À l’œil, chef Piège nous fait dégager la moitié de la mangue, que j’avais pourtant amoureusement découpée. Depuis qu’il a perdu une trentaine de kilos, il évite de goûter les plats avant qu’ils ne soient terminés. Il nous pose donc des questions sur l'assaisonnement, et nous sommes son palais. Par ce biais, il montre d’emblée qu’il a confiance en nous et nous détend. Il nous consulte pour savoir si nous sommes d’accord avec son idée et, après nos retours positifs, y va : opération « donner du goût à notre ceviche » lancée.

Le ceviche de dorade à la mangue que «20 Minutes» a aidé à préparer.
Le ceviche de dorade à la mangue que «20 Minutes» a aidé à préparer. - C. Barrois / 20 Minutes

Ça commence par l’ajout d’une bonne quantité de jus de citron vert. Puis le chef Piège se lance dans l’élaboration d’une sorte de pâte à partir de gros sel et de piment. On ne va pas se mentir, en quelques minutes, il pimpe vraiment la préparation de base qu’on avait faite. Et nous imagine une présentation un peu originale pour laquelle il nous guide pas à pas avec pas mal de patience, avant de prendre les rênes pour peaufiner le résultat final. Il est l’heure de faire goûter notre plat au jury.

L’heure du jugement dernier

Du côté des journalistes, tout le monde est soulagé : brigades et chefs se sont bien entendus. Et maintenant, les chefs ont, visiblement, très envie de se marrer un bon coup. Ils roulent des mécaniques, commencent à critiquer les plats des autres avant même de s’être installés, et tous avec une bonne dose de mauvaise foi… On n’est pas loin de la vidéo ci-dessous.

Michel Sarran regarde d’un peu trop près notre plat, ce qui énerve Jean-François Piège qui renverse l’assiette de sa brigade (j’aurais pas aimé). Puis on plaisante sur la cuisson des plats, les sauces un peu ratées… « Celui-là a de jolies couleurs, c’est bien les belles couleurs, souligne Michel Sarran, avant de glisser : on trouve les points positifs qu’on peut… » Pour des chefs de ce niveau, manger des plats réalisés en une heure par des novices, forcément, ça traumatise un peu. Et chacun de survendre, avec des arguments bidon, le plat de sa brigade, dans une guéguerre qui fait rire tout le monde.

Le jury de «Top Chef» prêt à déguster nos plats.
Le jury de «Top Chef» prêt à déguster nos plats. - C. Barrois / 20 Minutes

Finalement, deux plats sont retenus, le nôtre, et celui de la brigade d’Hélène Darroze. C’est Stéphane Rotenberg qui tranche en faveur du plat de la brigade de chef Darroze, arguant que notre plat est bon, bien assaisonné, mais qu’il préfère récompenser le travail de cuisson de celui de l’autre équipe. Qu’importe, en travaillant tous ensemble, on a pu approcher de près les chefs, qui sont beaucoup moins méchants qu’ils en ont l’air à la télévision (bon, OK, on n’a pas le même niveau que les cuisiniers auxquels ils s’adressent habituellement). Et les plus curieux ont pu noter leurs gestes et conseils pour un jour, qui sait, se reconvertir…