Nikos Aliagas aux NRJ Music Awards :«Les spectateurs viennent aussi pour voir les plantades»

CEREMONIE L’animateur sera le maître de cérémonie des NRJ Music Awards pour la dixième fois…

Benjamin Chapon

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Nikos Aliagas et Martina Stoessel lors des NRJ Music Awards 2016 à Cannes
Nikos Aliagas et Martina Stoessel lors des NRJ Music Awards 2016 à Cannes — NIVIERE/NMA2016/SIPA

Depuis 2009, chaque premier samedi de novembre, Nikos Aliagas présente les NRJ Music Awards. Le samedi 4 novembre, sur TF1, rebelote, l’animateur enfilera son smoking pour recevoir la crème des musiciens, du moins les plus gros vendeurs du disque, ou ceux qui ont beaucoup de followers sur Instagram, ou ceux que NRJ passe en boucle… Bref, des stars. On peut penser ce que l’on veut (du mal) du palmarès des NRJ Music Awards, voire se moquer de certains moments de pur malaise qui ont émaillé les différentes éditions mais il faut reconnaître à Nikos Aliagas un talent indéniable pour jongler avec les contraintes de ce type de soirée, « le plus gros show en France en termes de moyens et de stars » d’après lui.

On a dérangé Nikos Aliagas pendant les répétitions pour lui poser quelques questions.

Ce sera votre dixième fois aux NRJ Music Awards. Vous y allez en chaussons maintenant non ?

Oh, ce n’est jamais confortable cette histoire… La seule certitude, c’est l’heure à laquelle ça commence. Après, pour le reste, tu t’adaptes…

Pourquoi faites-vous des répétitions si tout est improvisé ?

J’exagère bien sûr. Il y a un programme, un script, mais c’est vrai qu’il y a souvent des impondérables.

D’ailleurs, les téléspectateurs taquins retiennent souvent ces « impondérables »…

C’est la fragilité et le charme du direct. Jouer l’instant, c’est mon métier. Même s’il y a une machinerie puissante derrière tout ça, ce que les gens aiment voir c’est la magie et la vérité d’un instant en direct.

Katy Perry, qui a dû rendre son trophée à cause d’un malentendu en 2009 et a été interrompu pendant son live en 2013 est-elle du même avis ?

Ce n’est pas facile bien sûr de gérer ce genre de moments mais il faut bien que quelqu’un le fasse. Je sers à ça, prendre la première salve. C’est mon rôle, je suis le paratonnerre. Parfois il faut meubler, redémarrer une prestation à cause d’un problème technique, ou, c’est vrai, annoncer à un artiste que finalement, il n’a pas gagné et qu’on s’est trompé d’enveloppe… Ces plantades-là arrivent aussi aux Oscars, à Miss Univers. Les spectateurs viennent aussi pour ces moments, ils veulent voir ce qui va se passer.

Un peu comme on regarde le cyclisme en attendant les chutes ?

Qui fait ça ? Plus sérieusement, moi, ma plus-value, c’est de bien connaître les artistes et leurs staffs, leurs habitudes, les codes… J’ai été le premier à recevoir Rihanna en France, à l’époque de Star Academy. Elle avait une toute petite loge mais je l’ai bien accueillie, je l’ai mise en confiance. Et ça, elle s’en rappelle. Aujourd’hui j’ai un savoir-faire pour les négociations avec les gros artistes.

Aux NRJ Music Awards, des stars internationales comme Ed Sheeran, U2 ou The Weeknd côtoient Louane ou Amir. Comment gérez-vous cela ?

Les artistes n’ont pas tous le même univers et je dois faire en sorte que le lien soit naturel. Mais là aussi, j’ai l’habitude. Mon rôle a toujours été de mettre les autres dans la lumière. Je ne suis pas là pour faire le show. Pour ma première édition, on m’avait dit que c’était une émission casse-gueule avec un public compliqué. Le public de Cannes, dès la première année je l’ai fait monter sur scène. Le problème était réglé. J’aime ce show parce qu’il n’y a pas de mécanique, pas de posture, juste de la musique. Et du travail ! Je suis un artisan de la mise en lumière.

Vous avez moins de plaisir à faire The Voice par exemple ?

C’est différent. Ce n’est pas en direct et pourtant, paradoxalement, on a quand même une seule prise pour garder la fraîcheur.

Entre The Voice et avant cela la Star Academy, de Jenifer à Louane, vous avez assisté aux débuts de pas mal d’artistes aujourd’hui bien installés. Ça vous rend fier ?

Ça me donne surtout un coup de vieux. Il y a une gamine de 18 ans dans la rue qui m’a dit que j’étais l’animateur de son enfance… Je ne l’avais pas vu venir. Mais les artistes qui sont passés dans mes émissions, ils ne me doivent rien. Je suis content pour eux et, par la force des choses je suis un peu leur papa. Ils font leurs vies.