«Sex and the Series»: Cinq héroïnes, cinq sexualités, une révolution télévisée

SÉRIE TV La révolution sera télévisuelle, mais aussi féminine et sexuelle selon la série documentaire «Sex and the Séries» sur OCS...

V. J.
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«Sex and the Series», série documentaire sur les nouvelles héroïnes et les sexualités féminines
«Sex and the Series», série documentaire sur les nouvelles héroïnes et les sexualités féminines — OCS

Cette année 2017 a vu la fin de Girls, qui « a arrêté de faire croire que les femmes sont des princesses qui ne font pas caca », et le lancement de Crazy Ex-Girlfriend de et avec Rachel Bloom, pour qui « le sexe est une source d’inspiration et d’humour inépuisable ». Depuis une décennie, de plus en plus de séries font le portrait de femmes complexes et décomplexées, loin des Desperates Housewives et autres Hommes tourmentés.

La journaliste Iris Brey a choisi cinq de ces héroïnes pour sa série documentaire Sex and the Series, qui commence jeudi à 21h30 sur OCS City et analyse la représentation des sexualités féminines à l’écran, en compagnie des actrices, showrunneuses ou réalisatrices. Elle explique à 20 Minutes en quoi Jenny, Virgina, Maura, Marnie et Fleabag incarnent une même révolution télévisuelle.

Jenny (The L Word) : l'exploratrice

« Lors que Jennifer Schecter débarque à Los Angeles au début de la série, elle est une femme hétérosexuelle, en couple. Sa rencontre avec une femme va la pousser à questionner sa sexualité, à explorer plusieurs voies, à mettre en perspective son passé, pour finalement devenir et s’assumer homosexuelle. L’actrice Mia Kirshner a beaucoup nourri le personnage. De ses conversations avec la showrunneuse Ilene Chaiken est par exemple née l’intrigue sur l’agression sexuelle que Jenny a subie dans son enfance. »

Virgina (Masters of Sex) : la pionnière de l'orgasme

« Je voulais une parole scientifique sur le rapport au corps, au sexe. Qui plus est, Virgina Johnson est une femme qui a vraiment existé, une vraie pionnière dans la sexologie. Elle a travaillé sur l’orgasme féminin, et prouvé qu’il était le même que la stimulation soit vaginale ou clitoridienne. Elle est incontournable, surtout sous les traits de Lizzy Caplan. »

Fleabag (Fleabag) : la drôle de dame

« Une trentenaire célibataire, mais une trentenaire célibataire pas comme les autres. Après la mort de sa mère et de sa meilleure amie, Fleabag se réfugie dans le sexe, et mêle ainsi sexualité et mortalité, rires et larmes. C’est forcément dark, mais c’est aussi traité avec un humour so british par son auteure et interprète Phoebe Waller Bridge, que ça en devient génial, unique. »

Marnie (Girls) : la fausse prude

« Marnie incarne cette dichotomie typiquement américaine, à la fois très puritaine et qui peut aller loin dans la représentation du sexe à l’écran. Elle est d’autant plus intéressante que la comédienne Allison Williams ne voulait pas tourner nue, mais se retrouve quand même avec les scènes les plus explicites. Lena Dunham a dû trouver des stratagèmes de mise en scène, à l’instar de la fameuse et fabuleuse séquence d’anulingus en saison 4. Elle incarne cette nouvelle génération, éduquée au porno, et pour qui le sexe ne rime pas toujours avec plaisir. »

Maura (Transparent) : la révolutionnaire

« Pour cette exploration des sexualités féminines à l’écran, je voulais vraiment une femme transgenre. Mais je voulais aussi une femme âgée, ménopausée. Et j’ai eu Maura, c’est donc parfait. Mort devient Moira, une femme revient à elle, à la vie, grâce à sa nouvelle vie sexuelle. Maura est une héroïne atypique mais surtout révolutionnaire, et a changé la vie de son interprète Jeffrey Tambor, déjà vainqueur de deux Emmy Awards. »