«Dossier Tabou» sur le harcèlement sexuel: «Les téléspectateurs tireront leurs conclusions», avance Bernard de la Villardière

MEDIAS Le nouveau numéro du magazine que M6 diffusera dimanche à 21h devrait susciter de nombreuses réactions contrastées…

Fabien Randanne

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Bernard de la Villardière à Cologne (Allemagne) pour «Dossier Tabou».
Bernard de la Villardière à Cologne (Allemagne) pour «Dossier Tabou». — CAPTURE D'ECRAN/LIGNE DE FRONT

Pluie, voir orage, de polémiques à prévoir pour dimanche soir à partir de 21h. Ce jour-là, M6 diffusera un nouveau numéro de Dossier Tabou intitulé «  Harcèlement sexuel : les femmes n’en peuvent plus ». Le reportage signé Valérie Rouvière et présenté par Bernard de La Villardière évoque diverses formes d’oppressions que les femmes peuvent subir au quotidien. « Quand on m’a suggéré ce thème, je ne pensais pas qu’on en était là en France, glisse le journaliste. J’ai constaté que toute une génération de femmes a intégré le harcèlement de rue comme une partie intégrante de leur vie et que personne ne se mobilisait contre ça. »

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Le documentaire se penche aussi bien sur l’exploitation des corps féminins par la publicité ou l’imagerie du hip-hop que sur le harcèlement sexuel au travail, mais ce ne seront sans doute pas les séquences qui engendreront le plus de réactions.

« Les femmes dans les quartiers ont peur de prendre la parole »

Dossier Tabou suit un collectif de femmes qui, dans la grande banlieue parisienne, déplorent la poussée de l’islam radical et que l’espace public leur soit de plus en plus confisqué. Les journalistes se sont également rendus à Cologne (Allemagne) où plus de 1.000 femmes ont été sexuellement agressées lors du Nouvel An 2016. « Dans la société allemande, l’origine maghrébine des agresseurs suscite le malaise. Faut-il en parler ? Même les féministes de gauche se posent des questions. Si certaines ferment les yeux, d’autres osent briser le tabou de la sexualité chez les musulmans », énonce le commentaire.

« Les gens tireront leurs conclusions, c’est une réalité qu’il ne faut pas cacher », a répondu Bernard de la Villardière en présentant Dossier Tabou à une poignée de journalistes. « Les femmes dans les quartiers ont du mal à prendre la parole, d’autres ont peur d’être traitées de racistes. Il faut dire les choses pour évoluer, pour avancer », ajoutait de son côté Valérie Rouvière.

Oppressions multiples

Une autre séquence résonne avec l’actualité : une caméra cachée tournée dans le quartier populaire de Barbès (Paris) dans laquelle une jeune femme est abordée et invectivée par plusieurs hommes au cours d’une banale balade. Des manifestations du harcèlement de rue, phénomène que le gouvernement entend pénaliser. Mais le projet de verbalisation ne fait pas l’unanimité : une tribune publiée dans Libération estime que cela « ne fera que renforcer la répression et le contrôle des hommes des catégories défavorisées », ceux « des classes populaires et racisées ». Les signataires ajoutent que cela contribuerait par ailleurs « à maintenir dans l’ombre, [les formes de sexisme] commises dans les beaux quartiers et les grandes entreprises ».

Le Dossier Tabou de dimanche n’invisibilise pas ces autres formes d’oppressions puisqu’il évoque aussi l’affaire Baupin et recueille, entre autres, les témoignages d’une secrétaire de mairie harcelée par un édile et d’une adolescente violée, dans un village, par un ami d’enfance, lors d’une fête d’anniversaire. Une manière de souligner que la prise de conscience et la remise en question doivent être collectives. Le dossier tabou, c’est peut-être celui-là.