Ouragan Irma: «Je n'ai pas eu de nouvelle de mes journalistes pendant 48 heures»

CATASTROPHE Les journalistes à Saint-Martin et Saint-Barthélemy doivent travailler dans des conditions inédites…

V. J.

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L'hôtel Mercure à Marigot, sur l'île de Saint-Martin, pendant le passage de l'ouragan Irma
L'hôtel Mercure à Marigot, sur l'île de Saint-Martin, pendant le passage de l'ouragan Irma — LIONEL CHAMOISEAU/AFP

« Un peu sur les dents. » C’est ainsi que Michel Reinette, rédacteur en chef de la chaîne de télévision publique Guadeloupe 1ère, résume la situation, sa situation. Un euphémisme. Il y a à peine une heure et demie, il recevait le coup de fil qu’il attendait depuis 48 heures. Ses journalistes à Saint-Barthélemy sont sains et saufs, et ils n’ont pas arrêté de travailler.

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« Le vent frappe partout. L’eau pénètre dans le couloir. Ça va péter. »

« Forcément, nous avions anticipé l’ouragan Irma et ainsi envoyés trois équipes sur place 24 heures avant son passage, explique le rédacteur en chef. Deux à Saint-Martin et une à Saint-Barth. » Tout bascule dans la nuit de mardi à mercredi. La rédaction basée à Pointe-à-Pitre reste en contact avec Saint-Martin, qui « contre vents et marées » a pu envoyer des informations et des images via Whatsapp. Mais du côté de Saint-Barthélemy, c’est bientôt silence radio. Michel Reinette lit même le dernier texto reçu par un journaliste avant le black-out, afin de rendre compte de l’ampleur de la situation mais aussi de l’angoisse : « Le vent frappe partout. L’eau pénètre dans le couloir. Ça va péter. »

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« Une situation de guerre »

Si les journalistes vont bien, ils n’en restent pas moins affamés et dorment dans les décombres. « Une situation de guerre », n’hésite pas dire Michel Reinette. Plus d’hôtels, plus d’aéroports, plus de ports et donc pas de moyens de bouger, de partir. La partie française de Saint-Martin est ainsi détruite à 95 %. Guadeloupe 1ère a dû tout de même continuer à faire son travail, sur le terrain et à la rédaction. Entre la difficulté pour récupérer certaines images et l’interdiction par exemple des images aériennes, il fallut trouver d’autres biais, comme les réseaux sociaux ainsi que sa radio.

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Du matériel et des rations

Alors que le réseau est revenu miraculeusement à Saint-Barth et qu’il prépare son premier direct pour dans une heure, le rédacteur en chef prépare des départs d’autres équipes pour demain, avec du matériel télé mais aussi des rations alimentaires. Il insiste sur le lien qui unit la Guadeloupe à Saint-Martin et Saint-Barth, collectivités d’outre-mer depuis 2007 mais qui faisaient partie intégrante du département d’outre-mer avant : « Il existe une intimité, une solidarité, et nous savions que nous serions épargnés mais pas eux, donc il fallait être là-bas. » Depuis plusieurs jours, les images de Guadeloupe 1ère alimentent autant les chaînes du groupe France Télévisions que des chaînes étrangères.