«The Defenders» sur Netflix: Quatre super-héros pour sauver le monde... de l'ennui?

SERIE Après avoir fait leur show chacun de leur côté, ils sont là, réunis pour «The Defenders», la super série événement de Netflix, enfin une série, de super-héros, sur Netflix...

V. J.

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Danny, Luke, Jessica et Matt sur la pochette de leur 1er album, «The Defenders»
Danny, Luke, Jessica et Matt sur la pochette de leur 1er album, «The Defenders» — Netflix

Dès l’annonce du deal Netflix/Marvel fin 2013, il était convenu que Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist aient chacun leur propre show, et se retrouvent ensemble le temps d’une mini-série événement. Le grand écran a les Avengers ? Le petit aura les Defenders ! Bon, à l’origine, dans le comics, les Defenders se composent de Hulk, Doctor Strange, Namor et le Surfeur d’argent, mais les abonnés Netflix ne sont pas tous censés être au courant. Donc, après deux saisons de Daredevil et une pour Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist, les voici réunis pour le grand show, le clou du spectacle. Ou alors, juste pour une autre série de super-héros Marvel sur Netflix.

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Quatre séries, quatre héros, quatre identités

Alors qu’Avengers : Infinity War promet une trentaine de super-héros à l’écran le 24 avril prochain, The Defenders doit se contenter de quatre, auxquels on peut ajouter Elektra et The Punisher. Mais c’est déjà beaucoup, car il s’agit de se faire rencontrer quatre héros, mais aussi quatre identités, quatre esthétiques. « Nous devions présenter les personnages les uns aux autres très doucement, raconte Marco Ramirez, le showrunner. Je ne voulais pas les voir assis dans la même pièce au bout de dix minutes avec une personne qui leur dise quoi faire, comme dans Mission : Impossible. Ils sont tous différents, indépendants, il fallait qu’ils trouvent le chemin les uns vers les autres, de manière organique. »

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Ne pas perdre le fil

« Le créateur et scénariste Cheo Hodari Coker me parlait souvent de The Wire pour Luke Cage, continue Marco Ramirez. Et c’est exactement ça. Nous étions avec nos tableaux et nos PowerPoint pour ne jamais perdre le fil, pour savoir exactement où chaque personnage, même secondaire, était, non seulement en termes d’intrigues mais aussi d’émotions. L’idée était qu’un spectateur puisse se bingewatcher l’intégrale des séries Marvel sur Netflix, passer d’Iron Fist à The Defenders, ou de Jessica Jones à The Defenders, sans problème, et sans que le public de chaque série ne se sente trahi. » Une belle idée en théorie, mais en pratique, The Defenders retarde l’inévitable en multipliant les scènes, pour ne pas dire les épisodes, d’exposition. Résultat : nos super-héros ne sont enfin réunis qu’à l’épisode 4 (le dernier montré aux journalistes), sur les huit que compte la série.

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Menu A4

Et pas de versus à la Batman V Superman ou de guerre civile à la Avengers, les présentations officielles se font… dans un restaurant chinois. Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard. « Même si elles se passent toutes à New York, explique le showrunner, chaque série a son identité visuelle : l’or et jaune pour Luke Cage, le bleu nuit pour Jessica Jones, etc. Il fallait que toutes ses couleurs soient présentes dans The Defenders, que ce soit de manière subliminale ou de manière plus flagrante. » Comme dans un resto chinois. « Dès lors, la série a sa propre couleur, sa propre identité, et peut donc commencer. » A l’épisode 4.

Sur le nombre réduit d’épisodes de The Defenders, huit contre 13 pour les autres séries Marvel/Netflix, Marco Ramirez invoque d’abord un planning serré, symptomatique du « toujours plus de séries, toujours plus vite » de Netflix : «  Les saisons 2 de Jessica Jones et Luke Cage étaient déjà dans les tuyaux, et nous devions terminer le tournage coûte que coûte fin mars 2017, afin de libérer Kristen Ritter pour Jessica Jones. Elle n’a d’ailleurs eu que quatre jours de break ». Pus il se ravise : « Mais huit nous est apparu comme le chiffre suffisant, idéal. Netflix était ouvert à tout. Nous avons eu même quelques jours de tournage en plus par épisode par rapport aux autres séries, pour coordonner les scènes d’action à quatre. »

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Super duos

De ce point de vue, le plus gros défi de The Defenders était de ne négliger aucun de ses super-héros, qu’un leader ne prenne pas l’ascendant sur les autres. « Il n’était pas question de faire un Daredevil et les Defenders, comme les Rolling Stones ne sont pas Mick Jagger et son happy band. Ce sont les Rolling Stones et c’est tout, rassure le showrunner et producteur. Nos quatre héros sont des leaders, des actifs. » Finn Jones, interprète de Danny Rand alias Iron Fist, confirme : « Chacun a son moment, voit son personnage prendre le leadership, être dans la lumière. Mais il n’y a pas de leader, nous ne sommes pas assez organisés pour ça ». Un manque d’organisation, mais également un manque d’alchimie lorsqu’ils se livrent tous les quatre à des combats génériques dans des couloirs anonymes ou des bureaux vides.

The Defenders trouve en fait son salut dans ses duos. Quatre c’est beaucoup, donc la série privilégie les scènes à deux, Matt Murdoch et Jessica Jones tout en punchlines d’un côté, et Danny Rand et Luke Cage tout en punchs dans la gueule de l’autre. « Ces relations amènent de nouvelles dynamiques, commente Charlie Cox, l’acteur derrière le masque de Daredevil. Lorsque tu les vois dans leurs séries respectives, jamais tu ne te dirais que Matt et Jessica vont s’entendre. Ils sont trop différents, trop têtus. Les scénaristes en ont joué, et le résultat est rafraîchissant. » C’est vrai que ces deux-là se défendent bien.