«Hero Corp»: La série a-t-elle les meilleurs fans du monde?

SÉRIE TV «Hero Corp» se termine après 10 ans et 5 saisons, une série non seulement de super-héros mais également de super fans...

Vincent Julé

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La saison 5 marque la fin pour les super-héros et les fans de «Hero Corp»
La saison 5 marque la fin pour les super-héros et les fans de «Hero Corp» — Nicolas Auproux/ Calt

Ce mercredi soir à 22h45, France 4 débute la diffusion de la cinquième et ultime saison de Hero Corp. Et Romain appréhende : « C’est à la fois une déchirure, parce que la série se termine, et un soulagement, parce qu’elle a une vraie fin. » A 36 ans, il est un fan de la première heure, où au hasard d’un zapping de novembre 2008 il est tombé sur la chaîne Comédie et a reconnu Simon Astier de Kaamelot. Depuis, il a participé à plusieurs conventions et matchs d’improvisation, joué les figurants en saison 4 le temps d’un week-end de tournage et de quelques secondes à l’écran et sauvé la série d’une annulation pure et simple. Ah ouais quand même.

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Une vraie série de super-héros en France

Si toutes les séries ont leurs fans, Hero Corp a des Hero Copains et Copines. C’est le nom que se sont donné ces fans un peu à part, très investis. Les meilleurs fans du monde ? « Les téléspectateurs ont été au rendez-vous parce que c’est la famille Astier, avec cet esprit, ce ton et cet humour si particuliers », avance Alain Carrazé, journaliste spécialisé et auteur des Nouveaux Feuilletonistes. Romain confirme : « Si on est fan de Hero Corp, on est aussi fan de Kaamelot. Mais l’inverse n’est pas toujours vrai. » Subtilité. Peut-être du fait de son sujet : « Les super-héros étaient à l’époque un sous-genre, surtout à la télévision, explique Alain Carrazé. Ils ont beau être vieillissants, losers ou parodiques, il s’agit d’une vraie série de super-héros en France et le public a répondu présent ». Avant d’ajouter : « Mais cela ne suffit à expliquer la fanbase de Hero Corp ».

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Soutien à la série à travers la France

Il y a en fait eu un élément déclencheur à la fin de la saison 2 : l’arrêt de la série ! La faute à la chaîne Comédie qui se cherchait, aux audiences qui ne décollaient pas et aussi aux fans qui pirataient... « La série était difficile à voir, mais les gens commençaient déjà se l’approprier, à la partager, se souvient Simon Astier. Les épisodes pouvaient être téléchargés entre 300.000 et un million de fois. » Vécue comme une injustice, l’annulation de Hero Corp provoque un soulèvement, les fans crient au scandale, ou plus exactement « PINAAAAGE ! ». Cri de guerre du personnage de Klaus, l’expression devient le cri de ralliement des Hero Copains lors d’événements de soutien à la série à travers la France.

« Ce qui s’est passé, ce public, c’est comme la magie »

Pour se rendre compte du phénomène, Alain Carrazé raconte la venue de l’équipe lors d’un Comic Con à Paris après la saison 2 : « La série n’était plus diffusée. Simon n’y croyait pas, il était sûr qu’il n’y aurait personne. Sauf qu’ils ont été accueillis sur scène par les applaudissements de 1.500 fans. ». Lorsque Simon et les acteurs reviennent trois ans plus tard avec le teaser de la saison 3, les Hero Copains sont maintenant 12.500. « Ce qui s’est passé, ce public, ça ne se demande pas, réagit le créateur et acteur. C’est comme la magie, c’est inconcevable, incroyable. »

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Les Hero Copains, un esprit de famille

Hero Corp est ainsi la seule série française sauvée par ses fans, leur mobilisation sur Internet, l’exposition dans les médias et l’intérêt de France 4 qui diffusait la série en deuxième fenêtre. La saison 3 n’est pas la préférée de Lucile, mais elle ne s’est jamais sentie aussi proche d’une série. « Au début de Hero Corp, John débarque dans un village de Lozère, un repère de super losers, et à l’époque, je quittais moi-même la ville pour m’installer à la campagne, explique cette professeur de philo. Je me suis retrouvée dans son histoire. » Mais cette proximité est aussi physique, qu’il s’agisse des acteurs qui répondent toujours présents, pour une nouvelle saison ou une séance de dédicaces, ou des fans, au sein desquels s’est développée une bienveillance, une solidarité, un esprit de famille.

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Un épisode spécial pour les 20 ans ?

Comment l’expliquer ? « Hero Corp est un projet dans lequel j’ai mis tout mon être, tente Simon Astier. Je n’ai pas essayé de plaire au plus grand nombre. J’y suis allé avec le cœur, protégé de toute influence. Donc on peut se dire que si la série touche des gens, elle les touche peut-être plus fort. On a les spectateurs qui nous ressemblent. » La fin de Hero Corp n’est donc pas une fin comme les autres. Simon Astier parle d’affronter ses peurs, d’un passage à l’âge adulte pour son héros John et pour lui. Et les fans ? C’est une fin, mais pas LA fin. La série s’arrête, mais les BD continuent, les matchs d’impro aussi, et Simon Astier tease déjà un épisode spécial pour les 20 ans de la série. Pinage ? PINAAAAGE !