« Dix pour cent » a tous les atouts pour devenir le prochain succès français à l’export

SERIE Le public français conquis, France Télévisions aimerait désormais séduire les marchés hors de l’hexagone…

Clio Weickert

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Assaad Bouab et Thibault de Montalembert conquerront-ils le monde?
Assaad Bouab et Thibault de Montalembert conquerront-ils le monde? — Christophe BRACHET - FTV / Mon Voisin Productions - Mother Production

La première saison a fait un carton (4.4 millions de téléspectateurs en moyenne), et France 2 n’espère probablement pas moins pour la deuxième, diffusée à partir de ce mercredi. Aucun doute là dessus, Dix pour cent, la série française sur le quotidien des agents artistiques, a rempli ses objectifs haut la main. Mais outre l’hexagone, France Télévisions, coproducteur et distributeur de la série, ne compte pas s’arrêter là.

A Cannes début avril, lors du MIPTV (le marché international des programmes), France Télé avait mis le paquet. Impossible de passer à côté de « Call my agent », le titre anglophone de la série pour les ventes internationales. Car depuis l’an dernier, elle est diffusée à la télé québécoise, et est également disponible surNetflix. Dix pour cent à la conquête du monde ? Si la série peut rencontrer quelques obstacles pour cela, elle possède également de sérieux atouts…

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Obstacle n° 1 : Le décor

Pour ceux qui seraient passés à côté de la série (c’est bien dommage mais il est toujours temps de se rattraper), Dix pour cent raconte le quotidien de quatre agents artistiques, de leurs assistants, et bien évidemment de leurs clients, les étoiles du cinéma. Le tout dans un décor très parisien. Mais si la série a réussi à happer les téléspectateurs français, plus ou moins concerné par le petit monde du grand écran hexagonal, pas sûr que l’intrigue captive un public qui, reconnaissons-le, n’en a pas grand-chose à faire…

Oui mais… Au-delà du critère géographique, la série a justement ce petit truc que tout le monde nous envie : le charme de la french touch. « C’est un joyeux bordel très français, et très communicatif », a expliqué à 20 Minutes Michel Feller, l’un des producteurs, lors du MIPTV. Un domaine dans lequel on excelle, en effet. Mais ce n’est pas tout. « Ça se passe dans un milieu exceptionnel qui est le milieu du cinéma, poursuit-il, mais on raconte aussi la vie d’une société, d’une entreprise… Il y a aussi une dimension humaine. » Et c’est vrai qu’on ne nous a jamais demandé d’être calés sur le monde des avocats bostoniens pour apprécier Ally McBeal.

Obstacle n° 2 : Le casting

Si les Français connaissent très bien Ellen Pompeo ou encore Patrick Dempsey, pas sûr que les Américains identifient Audrey Fleurot ou même François Berléand… Du coup, si le public français prend un certain plaisir à découvrir ses acteurs se moquer d’eux, outre-Atlantique, ça leur fait une belle jambe.

Oui mais… C’est là que l’arrivée de cette deuxième saison peut frapper un gros coup. Car si Virginie Efira, « guest » du premier épisode, peut encore échapper à un public non francophone, impossible de passer à côté d’Isabelle Adjani, et encore moins de Juliette Binoche, star du final de la saison, nommée à aux Oscars pour Le Chocolat ou Le Patient anglais (pour lequel elle a décroché celui du meilleur second rôle féminin). Si Michel Feller reconnaît que la présence de ces stars va probablement « faciliter l’ouverture de certaines portes à l’international », pour Aurélien Larger, chez Mother Production, elles « crédibilisent » la série. « On ne peut pas raconter l’histoire d’une agence de stars, sans star ! Mais elles ne sont pas là juste pour faire vendre, elles nourrissent bien évidemment les intrigues ».

Obstacle n° 3 : L’humour 

Ce n’est pas un secret, l’humour français, aussi fin et subtil soit-il, a dû mal à franchir les frontières. Et si Dix pour cent se targue d’être une « dramédie » (un mix entre un drame et une comédie), la série repose autant sur ces scènes dramatiques que comiques…

Oui mais… Pour les producteurs, c’est justement là sa force. « On a quelque chose de très anglo-saxon, c’est cette capacité qu’on a d’emmener la série de la comédie au drame dans la même seconde, et sans complexe, développe Michel Feller. Ces changements de ton sont universels. On ne rit pas forcément tous de la même chose mais en revanche on est ému en général par les mêmes choses. Et Dix pour cent de ce point de vue est quand même très fort. » De là à rivaliser avec les plus grands ?

Autre solution : le remake. Et dans ce cas, plus de problème de décor, de casting et d’humour. Une alternative sérieusement envisage car si rien n’est acté pour le moment, des projets de remake sont en discussion avec le Canada, l’Angleterre et l’Allemagne. La conquête du monde ne commence pas trop mal.