«Taboo»: Après «Peaky Blinders», Tom Hardy et Steven Knight signent un conte sombre

SERIE Une fresque sauvage de la BBC avec la chaîne américaine FX, produite notamment par Ridley Scott, dans Londres gothique du début du XIXe siècle…

Anne Demoulin
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Tom Hardy campe James Delaney
 dans «Taboo».
Tom Hardy campe James Delaney dans «Taboo». — Sonar Entertainment/Canal+Séries

A l’instar de Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio, Tom Hardy et Steven Knight semblent ne plus vouloir se quitter. Après le thriller claustrophobe Locke et la série de gangsters Peaky Blinders, les deux compères signent Taboo, une fresque historique ténébreuse, décadente et violente, dont les deux premiers épisodes sont diffusés ce samedi à 20 h 50 sur Canal + Séries.

Pourquoi ce conte sombre va vous captiver ?

La série décrit une époque incroyable

Coproduite par Ridley Scott, la série, déjà renouvelée pour une saison 2, est née d’une idée originale de Tom Hardy (Bronson, Inception, The Revenant) et de son père, le romancier Edward « Chips » Hardy pour BBC1 et FX. « Nous en avons discuté alors que j’étais en train de travailler sur le film Locke. Je lui ai proposé un deal, il faisait Locke si je faisais Taboo », raconte à 20 Minutes Steven Knight, co-créateur de la série.

Ce sombre drama ancre son action à Londres en 1814. « Je suis très intéressé par cette époque où le Royaume-Uni est en guerre avec les Etats-Unis, avec la France. Londres était alors un lieu incroyable, le roi était fou et le prince régent gérait les choses tant bien que mal », confie Steven Knight.

Un scénario d’une noirceur absolue

Après avoir disparu pendant une décennie, James Delaney, que tout le monde croyait mort, revient d’Afrique pour assister aux funérailles de son père. Désigné comme unique héritier, il provoque la jalousie de sa demi-sœur et de son mari.

Il hérite d’une parcelle que son père a acheté une bouchée de pain à la tribu Nootk située à la frontière entre le Canada et le nord-ouest des Etats-Unis, un accès à l’océan Pacifique et à la route maritime vers la Chine. Evidemment, le leg est convoité notamment par la très puissante Compagnie britannique des Indes orientales pour son développement stratégique et commercial. Mais James Delaney ne souhaite pas vendre.

Qu’a-t-il fait en Afrique ? Pourquoi est-il revenu ? Pourquoi est-il si torturé ? Les mystères planent autour de James Delaney. Préparez-vous à vous laisser embarquer dans une descente aux enfers sur fond de sciences occultes, de vendetta, et de tabous, comme le cannibalisme et l’inceste.

Tom Hardy s’est taillé un rôle à sa mesure

L’acteur britannique Tom Hardy prête son imposante stature à cet aventurier énigmatique et ambitieux, James Keziah Delaney. « C’est un individualiste, un homme qui n’a pas peur de mourir. Il n’a ni religion, ni nationalité », résume Steven Knight.

Tom Hardy s’est taillé un rôle à sa mesure : « Je voulais jouer Bill Sikes [d’Oliver Twist], Sherlock Holmes, Hannibal Lecter, Heathcliff [des Hauts de Hurlevent], Marlow [d’Au Cœur des ténèbres]… juste tous les personnages classiques en un seul », a-t-il expliqué à Digital Spy. Et l’acteur britannique, « le meilleur », selon Steven Knight, en impose avec son charme magnétique.

Face à lui, Jonathan Pryce (Game of Thrones) incarne le patron de la Compagnie des Indes orientales. A ses côtés également, Oona Chaplin campe sa demi-sœur et Marina Hands, une comtesse française.

La puissante atmosphère à la Dickens

Le parti pris esthétique de Taboo, filmée par les réalisateurs scandinaves Kristoffer Nyholm (The Killing) et Anders Engströhm (Jordskott), est encore plus sombre que celui de Peaky Blinders. « Cela dépeint précisément ce à quoi Londres pouvait ressembler à cette époque. Il faisait noir, il n’y avait pas d’éclairage électrique. Je pense qu’il faisait sombre, que le sol était boueux et que Londres était gangrené par la violence. Ce qui est important, c’est de trouver de la beauté là où apparemment il n’y en a pas », souligne Steven Knight.

La série affiche donc une identité visuelle forte très stylisée, faite de décors soignés, de costumes déjantés et de clair-obscur. Si l’intrigue met au début du temps à se développer, cette puissante atmosphère à la Dickens réussit instantanément à accrocher le spectateur.