Amélie Neten: «Ce que les haineux peuvent me dire sur les réseaux sociaux, je m'en tape»

INTERVIEW « 20 Minutes » a rencontré l’ex-candidate de « Secret Story » et des « Anges » qui publie ce jeudi un livre, « Pourquoi tant de haine ? », dans lequel elle répond aux « rageux »…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Amelie Neten à l'ouverture de la Foire du Trône, à Paris, en mars 2013.
Amelie Neten à l'ouverture de la Foire du Trône, à Paris, en mars 2013. — BENHAMOU LAURENT/SIPA

Son tempérament volcanique explose sur le petit écran en 2010. En quelques jours, Amélie Neten est devenue la candidate phare de Secret Story sur TF1… Les années suivantes, elle dynamite la TNT en participant à d’autres émissions de téléréalité, comme Les Anges ou Friends Trip. Quand la jeune belge monte facilement sur ses grands chevaux, les courbes d’audiences grimpent simultanément avec la même aisance. Le public la trouve attachante et le lui dit. Ou exaspérante. Et le lui dit aussi. Quitte à verser dans l’insulte ou la menace. Pourquoi tant de haine ?, interroge, dès son titre, le livre qu’elle publie jeudi chez Michel Lafon (1). Un témoignage dans lequel elle retrace son parcours, évoque les coulisses de la téléréalité et se confie en tant que jeune maman. 20 Minutes a rencontré Amélie Neten ce mercredi chez son éditeur.

Vous avez écrit ce livre pour raconter au grand public qui se cache derrière la Amélie qu’ils ont vu dans les émissions de téléréalité ?

J’ai écrit le livre pour répondre une bonne fois pour toutes aux rageux. Tout simplement. Parce que quand on se lève et qu’on voit sur les réseaux sociaux « Vas t’occuper de ton fils ! », « Sale pute », etc., c’est fatigant de répondre. La prochaine fois qu’on m’envoie des messages comme ça, je me contenterai de poster la couverture de mon livre. Ça devient vraiment fatigant de toujours devoir se justifier. C’est tellement facile et petit de traiter les gens comme ça sur les réseaux sociaux. De s’attaquer à mon fils, c’est minable.

Certains vous ont reproché de l’avoir emmené avec vous sur les tournages de plusieurs saisons des « Anges »…

Quand il n’est pas avec moi, on dit que je suis une mère indigne et quand je l’emmène avec moi on dit aussi que je suis une mère indigne. La balance ne penche jamais en ma faveur. Mon fils a pu voyager, voir différentes cultures. Il a 5 ans mais il se souvient de tout, il observe tout, il retient tout.

« Il va falloir que les parents regardent un peu ce que font leurs enfants sur les réseaux sociaux. »

Vous racontez dans le livre ce qu’il vous est arrivé un jour gare de Lyon, à Paris. Sur un quai, alors qu’un de ses amis la filmait, une ado s’est penchée à la hauteur de votre fils pour lui dire « Tu sais que ta mère est une grosse connasse ? »…

Pour moi, c’est de la racaille, tout simplement. C’est tellement facile d’agir en bande, mais quand ils sont seuls, il n’y a plus personne. Mon fils n’a pas été choqué parce qu’il n’a pas très bien compris ce qu’il se passait. J’ai eu le réflexe de lui mettre les écouteurs dans les oreilles et de lui faire regarder un dessin animé que j’ai toujours sur mon smartphone. Je l’ai fait se retourner et je me suis ensuite occupée de répondre à cette fille. Heureusement, que ce genre de chose n’est arrivé qu’une fois.

Vous relatez aussi pour la première fois avoir été convoquée en 2013 à la brigade des mineurs en Belgique. Quelqu’un avait écrit une lettre de dénonciation vous accusant de maltraitances sur votre fils…

C’est très grave. Je me suis sentie humiliée. Ce n’est pas juste un « T’es une pute », là, on m’attaquait sur mon rôle de maman. Je ne comprends pas comment on peut en arriver là. Tellement les gens ont de la jalousie, de la haine… Qu’est-ce que j’ai fait au juste pour mériter ça ? J’ai tué quelqu’un ? Non. J’ai fait du mal à quelqu’un ? Non.

Vous ressentiez le besoin de mettre les points sur les i ?

Mon livre, c’est aussi une thérapie, j’ai pu trouver une réponse aux questions que je me posais. Arrivée à la fin du récit, je me suis rendu compte que je n’avais rien fait de grave. « Pourquoi tant de haine ? », c’est la question que tout le monde se pose à la télé, car beaucoup de ceux qui y apparaissent se font insulter sur les réseaux sociaux. A un moment donné, il va falloir que les parents regardent un peu ce que font leurs enfants. Même s’ils ont 15 ou 16 ans. Je suis désolée mais, à cet âge-là, mon père était toujours derrière moi.

Vous contrôlerez ce que fera votre fils sur Facebook et Twitter ?

Je me dis que mon fils n’ira pas sur ces applis avant ses 16 ans ou même ses 18 ans. Il a tout ce qu’il veut, il ne manque de rien, mais je suis très sévère avec lui. J’ai été très bien éduquée par mes parents, dont mon père militaire. Je n’oublie pas d’où je viens, j’ai toujours les pieds sur terre. A la maison, il y a déjà les codes parentaux sur la télé pour ne pas qu’il regarde des programmes interdits aux moins de 12 ans ou autres…

« On dérange parce qu’on n’a pas envie de rester le cul sur une chaise, à ne rien faire. »

Pour revenir au livre, vous avez une réponse au titre, « Pourquoi tant de haine ? »

J’ai la réponse maintenant. On dérange des gens parce que nous, on arrive à avancer dans notre vie, parce qu’on n’a pas envie de rester le cul assis sur une chaise à la maison, à ne rien faire. C’est peut-être pas un métier pour certaines personnes, mais moi, à partir du moment où je signe un contrat de travail et que j’ai une feuille de salaire, c’est un métier.

Vous est-il arrivé de regretter d’avoir participé à des émissions de téléréalité ?

Pas du tout. Comme je le dis dans le livre, on a été les pantins d’Endemol mais on a accepté d’être dans le jeu. C’est grâce à ça que je suis ici maintenant. J’ai aussi pu vivre de belles choses, donc je garde surtout les aspects positifs.

Et si on vous proposait de refaire de la téléréalité, quelle serait votre réponse ?

J’avais arrêté parce que j’en avais marre des critiques des haineux. Mais maintenant, ce que ces gens peuvent me dire sur les réseaux sociaux, je m’en tape. Si demain on me rappelle, je repars avec grand plaisir.

(1) Pourquoi tant de haine ?, éditions Michel Lafon, 206 p., 16.95 euros