Affaire Troadec sur NT1: «Nous ne sommes pas du tout dans la chasse au scoop»

SOCIETE Ce samedi à 20h55, l’émission «Chroniques criminelles» diffusera un numéro sur l’affaire Troadec, quelques jours seulement après les aveux d'Hubert Caouissin…

Propos recueillis par Clio Weickert

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Magali Lunel présente «Chroniques criminelles» sur NT1
Magali Lunel présente «Chroniques criminelles» sur NT1 — NT1

Pour la première fois, Chroniques criminelles sur NT1 s’attaque à une actu « à chaud », et non la moindre :  l’affaire Troadec. Alors qu’Hubert Caouissin vient à peine d’avouer les meurtres de son beau-frère Pascal Troadec, de sa femme et de leurs deux enfants, la chaîne diffusera samedi soir à 20h55 un numéro spécial consacré à ce terrible drame familial. Pour comprendre comment un fait divers peut se retrouver si vite dans le petit écran, 20 Minutes a contacté Magali Lunel, journaliste et présentatrice de l’émission.

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Pourquoi avoir pris la décision de parler si tôt de cette affaire ?

Cette histoire nous a très vite interpellés. On a reconnu le type d’affaires dont nous parlons généralement dans Chroniques criminelles : la disparition mystérieuse, les rebondissements, les membres d’une même famille… Si d’habitude nous parlons d’affaires déjà instruites, qui ont été jugées, là, nous nous sommes dit qu’il fallait tenter le pari, même si nous prenions des risques parce qu’il fallait être très rapide, mobiliser des forces en très peu de temps et être très vigilants…

Justement, quelles précautions avez-vous dû prendre ?

Ne surtout pas spéculer, s’en tenir aux faits et faire très attention dans notre enquête. En l’occurrence, on va avoir des témoignages exclusifs de proches d’Hubert Caouissin. Mais nous ne sommes pas du tout dans la chasse au scoop. C’est notre éthique. Quand on a déclenché le tournage, il n’y avait pas encore de suspects à cette époque, et chaque jour connaissait son lot de rebondissements. L’émission résumera notamment ces trois semaines de folie qui ont mis la France en haleine. Mais toujours dans un souci de rigueur.

Ce numéro se contentera donc uniquement de résumer l’affaire ?

Je préfère être très honnête, il n’y aura pas de scoops. A travers le témoignage exclusif de ces témoins, il y aura évidemment un plus. Mais sur les faits en eux-mêmes, l’affaire est en cours d’instruction donc on ne fait surtout pas n’importe quoi et il est hors de question de violer le secret de l’instruction.

Quand l’émission sera-t-elle bouclée ?

On a vraiment retardé le montage le plus tard possible. Jacques Pradel posera sa voix samedi après-midi seulement, nous serons en montage jusqu’à la fin de la journée et si jamais il y avait un rebondissement avant la diffusion à 20h55, la salle de montage reste disponible. Il faut qu’on soit au plus près de l’actualité.

C’est une pression supplémentaire pour vos équipes ?

Dans notre métier la pression est maximale tout le temps. En tant que journaliste à LCI, je connais cette pression de l’information à chaud, comme ça. Et ce que je trouve intéressant, c’est que ce magazine, où on prend normalement beaucoup plus de temps, s’est presque mis sur ce rythme-là, qui moi me fait vibrer. C’est un défi, avec beaucoup d’adrénaline et toutes les équipes mobilisées - de la production aux journalistes - sont assez excitées par ce nouveau rythme.

Ne craignez-vous pas les critiques, notamment des proches de la famille Troadec, de parler de cette affaire si tôt ?

Notre but -et notre déontologie- a été de travailler dans le respect le plus total des familles. C’est notamment pour ça qu’il n’y a pas de recherche de scoops à tout prix. C’est un drame avant tout, c’est épouvantable. Nous voulons informer, revenir sur cette affaire qui a eu un retentissement national, mais dans le respect le plus total.

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