Pourquoi «Legion» ne semble pas être une super-série de plus ?

SERIE Crée par le showrunner de « Fargo », Noah Hawley, « Legion » est une immersion dans l’esprit d’un mutant diagnostiqué schizophrène…

Anne Demoulin

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Dan Stevens campe David Haller dans la série «Legion».
Dan Stevens campe David Haller dans la série «Legion». — FX

Une énième série de superhéros ? Sans cape, ni collant, la nouvelle série Marvel, Legion, diffusée dès ce mercredi sur la chaîne américaine FX, entend au contraire redéfinir « le genre d’une nouvelle façon », selon Jeff Loeb à la tête de Marvel Télévision au TCA Winter Press Tour. « C’est le genre de série que Marvel n’a jamais fait auparavant », poursuit-il. Alors qu’aucune date de diffusion n’est prévue pour le moment en France, Legion se classe parmi les séries les plus attendues de 2017, et s’annonce hallucinante. Pourquoi ce show Marvel ne semble pas être une super-série comme les autres ?

Un héros pas comme les autres

La série suit David Haller, le fils schizophrène du légendaire mutant Professeur Xavier, le fondateur des X-men, interné dans un hôpital psychiatrique. Une étrange rencontre l’amène à penser qu’il n’est peut-être pas si fou… « Je ne pense pas qu’il soit malade mental, je pense qu’il pourrait être le plus puissant de tous les mutants », annonce une voix en off dans le trailer. Créé par Chris Claremont et Bill Sienkiewicz en 1985 dans la série des « Nouveaux mutants » (un groupe censé prendre la suite des X-Men, alors présumés morts), le personnage de comic book Legion (le nom de code de David Haller), est un mutant de niveau Omega dont chacun des pouvoirs (pyrokinésie, la télépathie et télékinésie au départ) est contrôlé par une personnalité différente. Donc plus Legion développe de capacités, plus il développe de personnalités… « Suivant la personnalité qui est à la commande de l’esprit de David, à tel ou tel moment, le niveau de confiance avec lequel il exerce ses pouvoirs varie grandement… », explique Dan Stevens à TV Guide, connu pour son rôle de Matthew Crawley dans Downton Abbey.

Un showrunner pas comme les autres

La série, si elle respecte « l’œuvre originale » ne s’adresse pourtant pas qu’aux férus de comics, espère le showrunner et créateur de Legion, Noah Hawley, à qui l’on doit l’adaptation télévisuelle réussie de l’œuvre des frères Coen, Fargo. « Une approche simple aurait été de dire : on prend les numéros 113 à 120 et on en fait la saison 1. Mais j’ai trouvé plus intéressant de prendre le concept de ce personnage à un certain niveau, puis d’utiliser sa réalité subjective… de créer quelque chose qui tient plus d’une fable ou d’une parabole… afin de créer quelque chose d’inattendu », a-t-il expliqué à la presse américaine. Si les 8 premiers épisodes de la première saison s’inscrivent dans l’univers fictionnel des X-Men, hormis David et le Professeur X, tous les personnages de la série FX sont de nouvelles inventions. « Le seul moyen pour les X-Men d’aller de l’avant est d’être original et surprenant », a commenté  la productrice Lauren Shuler Donner à Hollywood Reporter.

Une expérience visuelle pas comme les autre

Legion nous a « donné l’occasion d’aller plus loin… de faire sauter le paradigme des comic book et des histoires de superhéros pour presque faire notre Breaking Bad des aventures de superhéros », se félicite le producteur Simon Kinberg.

« David Haller ne sait pas si ce qu’il voit est réel ou pas et le public doit vivre la même expérience », explique Noah Hawley dans une vidéo de promotion, qui souhaite que le show sonne comme Dark Side of The Moon de Pink Floyd, qui vous amène dans endroit « surréaliste », avec des risques dramatiques et des « histoires d’antihéros », précise-t-il à Variety.

Comme le prisme de la célèbre pochette de l’album du groupe de rock progressif britannique, Legion réfracte tous les genres, de l’aventure à la romance en passant par la comédie musicale bollywoodienne. Le programme de FX dissout la réalité, les hallucinations, les rêves, la mémoire de David Haller dans une structure narrative aux temporalités multiples, au point de se la jouer Mad Men parfois.

Katie Aselton dans «Legion».
Katie Aselton dans «Legion». - FX

Avec Legion, Noah Hawley souhaite immerger le téléspectateur dans la tête de ce mutant aux pouvoirs télépathiques surpuissants et aux troubles de la personnalité associés. « Vous allez éprouver ce qu’il éprouve. Sa perception de la réalité est un peu particulière », s’amuse le créateur de la série.

Une communication pas comme les autres

Pour assurer la promo de la Legion, FX et Marvel ont fait appel à l’artiste Michael Murphy, connu pour ses créations qui jouent sur la perception en 3D et les trompe-l’œil. Sa pièce intitulée « Suspension of Disbelief » (« Suspension du scepticisme ») se compose de multiples objets suspendus qui selon l’angle de vue, forment le logo de la série. L’œuvre, aussi déstructurée que le cerveau de David, actuellement présentée à Brooklyn, fera le tour des Etats-Unis. Inside Legion, site en anglais consacré à la série propose au téléspectateur des tests sur la perception de la réalité.

De quoi avoir envie de se plonger dans l’univers fragmenté du mutant David Haller. « Il y a maintenant 500 séries télé par an aux Etats-Unis. La seule raison d’en faire un de plus est de penser qu’elle peut être la meilleure », s’est vanté Noah Hawley dans Variety. Espérons qu’il ne fera pas légion de fans déçus.