«Glacé»: M6 se met au polar (et coche toutes les cases)

SERIES TV M6 diffuse à partir de ce mardi soir, et pour trois semaines, «Glacé», son polar venu du froid, mais on n'est pas trop chaud...

V. J.

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«Glacé», le polar de M6
«Glacé», le polar de M6 — Roger ARPAJOU/GAUMONT TELEVISION/Patrick ROBERT/M6

Après plusieurs années à capitaliser sur ses programmes courts, M6 se décide à réinvestir dans les séries en prime time, une case trop longtemps abandonnée aux rediffusions de NCIS. Un défi double, puisque la chaîne se met également au polar, un genre déjà largement exploité par la concurrence : Une Chance de trop, Le Secret d’Elise, Le Mystère du lac sur TF1 ; Disparue, Les Témoins, Malaterra sur France 2 ; Tunnel, Jour polaire, Guyane sur Canal +, etc. On peut même voir dans le bien nommé Glacé, série en six épisodes diffusée à partir de ce mardi, le dernier représentant du Nordic Noir, le thriller « à la scandinave » très à la mode en ce moment.

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500 000 lecteurs (et potentiels téléspectateurs)

Alors, comment faire la différence ? M6 semble répondre à cette question par une autre : Pourquoi faire la différence ? Glacé est ainsi l’adaptation du roman éponyme de Bernard Minier, un best-seller à près de 500 000 lecteurs et donc potentiels téléspectateurs. A Saint-Martin, une petite ville des Pyrénées, un cheval dépecé et décapité est découvert en haut d’un téléphérique. Il appartenait à Eric Lombard, un riche homme d’affaires de la région. Le capitaine Martin Servaz se voit confier l’enquête, en équipe avec la jeune capitaine Irène Ziegler, alors l’ombre de Julian Hirtmann, le tueur en série qu’il a arrêté plusieurs années avant, plane toujours.

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« Page-turner »

Le duo de flics, de méthodes et générations différentes, le serial killer derrière les barreaux, les meurtres ritualisés, le décor comme personnage à part entière, sans oublier les références aux classiques du genre, des Rivières pourpres au Silence des agneaux… Si Glacé était un bingo, il serait possible de cocher toutes les cases. Pas étonnant que sur les forums, les amateurs le considèrent comme un « page-turner », l’un des plus efficaces, à défaut d’être l’un des meilleurs.

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Une fin différente

A l’écran, l’esprit est à peu près là. Même Bernard Minier salue l’effort. L’écrivain est assez « bluffé par l’ambiance, le paysage » et trouve Charles Berling « convaincant en Servaz », comme il l’a confié à 20 Minutes. Reste que le chemin emprunté par M6, aussi enneigé soit-il, reste très balisé : l’adaptation d’un succès, une tête d’affiche, un réalisateur de télé chevronné, Laurent Herbiet, déjà à l’œuvre sur Malaterra… De la belle ouvrage, mais un ennui poli. La tempête Glacé ne laisse lors des premiers épisodes qu’une vague brise sur la joue. Seule surprise pour les lecteurs, la fin est différente.