«Saturday Night Live» avec Gad Elmaleh sur M6: Des parodies, du malaise et Ahmed Sylla

SHOW TIEDE La première du «SNL made in France» a divisé les internets...

V. J.
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«Le Saturday Night Live» avec Gad Elmaleh sur M6
«Le Saturday Night Live» avec Gad Elmaleh sur M6 — Caroline Lessire/Bestimage/Shutterstock/Iakov Kalinin

Vivement Dimanche, Plus belle la vie, Cyril Hanouna, Miss France… Lors de son discours d’ouverture, Gad Elmaleh a multiplié les clins d’oeil pour bien faire comprendre aux spectateurs qu’ils étaient devant « un SNL made in France ». Voire made in franchouillard. Qualifié de « cold open » outre-Atlantique, ce monologue face caméra a ici très vite pris des allures de pur stand-up. On ne se refait pas. Ce n’est d’ailleurs pas la seule différence avec l’émission américaine originale. On était prévenu, ils allaient adapter, franciser, et donc trahir.



Trop long, trop bordélique, trop d’accents

De par son caractère événementiel (3 à 4 émissions par an), le SNL de M6 ne peut pas, ou ne veut pas, suivre l’actualité comme le SNL US, hebdomadaire et politique. Le débat des primaires entre Gad et Jamel ne renvoyait pas vraiment à une réalité, et s’est révélé à l’image des 2h15 d’émission : trop long, trop bordélique et avec trop d’accents. Les deux complices ont (eu) du talent, ils le savent et se reposent ainsi souvent sur leurs acquis, sur leur capacité à improviser, digresser, se marrer entre eux. Le public essaie d’y prendre part, se raccroche à un sourcil de Jamel, amusant en Fillon qui imite Sarko, mais ce n’est pas facile.







« Je rêve d’une autopromo »

Alors oui, Saturday Night Live avec Gad Elmaleh est diffusé sur M6, mais était-ce nécessaire de proposer autant de parodies d’émissions maison : Le Meilleur Pâtissier, Mariés au premier regard ou Une Ambition intime. Des autopromo pas très drôles, mal exécutées et au final plutôt gênantes. Comme l’ont été aussi la fausse pub Agir pour la planète avec Nikola Karabatic (on n’a rien compris), l’énième parodie de Star Wars et la réunion d’agence, où après son spectacle avec Kev, Gad se moque encore, et en fait s’excuse, de sa campagne LCL.



Parmi tous les guests (La bande à Fifi, Malik Bentalha, Arié Elmaleh, Charlotte Gabris, Marc-Antoine Le Bret, Maître Gims, Vianney…), il faut saluer le jeune humoriste Ahmed Sylla et son imitation plus vraie que nature de Karine Le Marchand sur son canapé. Il est le seul à vraiment être dans son personnage, malgré les flottements ou les fous rires, et donc à tenir son sketch. C’est bête dit comme ça, mais c’est symptomatique du reste, trop léger, trop approximatif pour un show de cette envergure. Mais c’était une première.





Des adaptations de sketchs cultes

Enfin, il en était question, et les connaisseurs ont pu s’en rendre compte, le SNL français, comme dans les autres pays, a tenté d’adapter certains sketchs cultes de la version originale. « Etre blanc en France » avec Malik Benthala était en fait le « White Like Me » de 1984 avec Eddie Murphy, et datait donc un peu. Tandis que Gad Elmaleh et Gérard Darmon reprenaient les rôles de Will Ferrell et Christopher Walken dans le sketch de la cloche. Des copier/coller auxquels on peut préférer les originaux, et un SNL qui n’en a pour l’instant que le nom.