Simon, le célèbre lapin de Stéphanie Blake, débarque samedi sur France 5

KIDS France 5 diffuse à partir de samedi une nouvelle série jeunesse adaptée des albums à succès de l’auteur, et entièrement conçue en France…

Caroline Delabroy

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Simon, le héros des 3-6 ans, devient une série animée.
Simon, le héros des 3-6 ans, devient une série animée. — GO-N Productions/France TV

« Je veux Simon ! ». Après visionnage en avant-première de plusieurs épisodes de la nouvelle série jeunesse de France 5, diffusée à partir de samedi dans Zouzous, Angèle, 3 ans, tombe vite le verdict. Et en redemande aussitôt. « Les enfants sont super contents de retrouver un personnage qu’ils aiment », dit Stéphanie Blake, dont le fameux lapin facétieux à grandes oreilles fait le bonheur des petits (et grands) lecteurs depuis le premier album paru à l’Ecole des Loisirs en 2002, Caca boudin.

Une série animée très proche des livres

L’auteur - dont les 17 albums de la série se sont vendus à 3 millions d’exemplaires en France - a pu le mesurer au Salon du livre jeunesse de Montreuil, où l’adaptation en dessin animé a été pour la première fois présentée au public. Comme lorsqu’elle leur lit ses livres, Stéphanie Blake a vu ce jour-là des sourires sur le visage des enfants : « Ils se sont marrés, ils ont reconnu Simon. » Il faut dire que, graphiquement, la série réalisée par Julien Cayot reste très proche des livres. L’effet est renforcé par le choix de la 2D, plutôt que la 3D.

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Une adaptation longuement mûrie

L’auteur s’est par ailleurs totalement impliquée dans le projet porté par Go-N Productions, né d’un « coup de cœur personnel » des producteurs Anne de Galard et Eric Garnet pour ces livres « qui provoquent un rire familial, pas juste enfantin ». « Nous nous sommes très vite projetés dans ce que cela pourrait devenir en dessin animé, poursuit Anne de Galard. Avec cette simplicité du trait, et en même temps ce dessin très moderne, on s’est dit que cela passerait les frontières. » Les premières ventes à l’international (Québec, Suisse, Finlande, Israël, Suède) ne leur ont pas donné tort.

Mais surtout, leur envie a rencontré celle de Stéphanie Blake, qui avait décliné par le passé d’autres propositions, notamment l’une, dès 2005, de la chaîne japonaise NHK. « A l’époque, se souvient-elle, j’étais dans une approche, très américaine, de copyright », autrement dit d’une cession des droits sans rôle particulier dévolu à l’auteur. « Cela ne m’intéressait pas de participer à une adaptation, c’était pour moi un autre métier », explique-t-elle aussi. Les choses, alors, ne se sont pas faites. Et le temps a fait son œuvre.

Une production 100 % française

« Petit à petit, j’ai commencé à me dire que j’aimerais travailler en équipe, et à me pencher sur l’adaptation de mes propres livres pour savoir comment me positionner, si un jour un producteur venait à me solliciter. » La « belle rencontre humaine » avec Go-N Productions a fait le reste. « Nous voulions que les lecteurs puissent se retrouver dans la série et maintenir, sur un épisode de 5 minutes, l’énergie, l’humour, les variations d’humeur et la très grande tendresse qu’il y a dans les livres de Stéphanie », indique Anne de Galard.

Une quarantaine de personnes a travaillé à donner vie, et voix, à Simon et ses comparses, pour cette série entièrement conçue en France grâce au crédit d’impôt audiovisuel - la société de productions a pour l’occasion déménagé son studio parisien, devenu trop étroit. Il a fallu trouver le ton juste, car « Simon est impertinent mais il n’est pas insupportable », rappelle Stéphanie Blake.

« Faire rire les enfants et dédramatiser le quotidien »

Les sessions collectives d’écriture ont permis de broder autour des thématiques de la petite enfance (les premières fois à l’école, à la piscine, chez le dentiste, les premières amitiés, le rôle de grand frère, la jalousie, etc.). En partant chaque fois d’une scène observée, d’un souvenir personnel, pour aborder avec décalage même les situations les plus connues. Comme dans Je ne veux pas aller à l’école, où l’auteur part d’un cauchemar du jeune héros.

« Mon but a toujours été, comme dans les livres, de faire rire les enfants et dédramatiser le quotidien », affirme l’auteur. « Nous sommes aussi restés vigilants à ce que l’ensemble des situations soient appréhendées du point de vue de Simon », complète Anne de Galard. Non, pas le pot ! n’a ainsi pas été adapté, Gaspard, le petit frère de Simon, y jouant presque le premier rôle.

Simon et son petit frère Gaspard.
Simon et son petit frère Gaspard. - GO-N Productions/France TV

Une saison 2 ?

Le sujet n’y a peut-être pas aidé non plus. A l’occasion de cette adaptation télévisée, Stéphanie Blake a pu en effet mesurer « la liberté absolue » dont elle jouit pour ses livres, où des expressions comme « Dégage, bébé Cadum » sont même encouragées par son éditeur, parce que dans la vraie vie des enfants, à l’école ou au square, cela se passe comme ça. En version télé, le vocabulaire est plus censuré.

Au fil des 52 épisodes diffusés sur France 5, certains n’y retrouveront sans doute pas complètement leur Simon, ou ne manqueront pas de relever quelques infidélités. Jeu de l’adaptation oblige. Si le public suit, auteur et producteurs sont en tout cas d’ores et déjà partants pour une seconde saison. « Peut-être qu’alors on osera s’attaquer à Caca boudin, même si avec le personnage du loup onirique, on sort du quotidien », sourit Anne de Galard.

Série diffusée à partir du samedi 17 décembre en quotidien sur France 5 pendant les vacances de Noël, puis en hebdomadaire tous les samedis, à 8h40.