«Dead Landes» sur France 4: Un drôle de mélange des genres

SÉRIE TV «Dead Landes» n'est pas le nouveau spin-off de «The Walking Dead », mais une nouvelle série française qui fait le pari du fantastique lol sur France 4...

V. J.

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«Dead Landes», la série mélange des genres de France 4
«Dead Landes», la série mélange des genres de France 4 — Nathalie GUYON/ FTV/ Shine France

France 4 a toujours eu mal à trouver sa place parmi les chaînes du service publique, et se prépare ainsi à devenir une chaîne familiale, après s’être adressée aux enfants et aux ados. Mais cette quête d’identité a permis de découvrir des Doctor Who, Sherlock ou Black Mirror, ainsi que des séries françaises et différentes : Hero Corp, Loin de chez nouset maintenant Dead Landes.

A l’instar de la série animée Lastman, Dead Landes est expédiée en trois-quatre semaines, mais a tout de même les honneurs du prime samedi à 20h55 pour ses quatre premiers épisodes, d’une saison qui en compte 10. Il faut bien ça pour entrer dans le nouvel univers imaginé par François Descraques, le créateur du Visiteur du futur. Un drôle de mélange des genres, qui convoque les trois « F » : found footage, fantastique et fun.

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Found footage

Popularisé par le film Le Projet Blair Witch et les franchises REC et Paranormal Activity, le found footage est un genre cinématographique, avant tout formel, où le point de vue épousé est celui de l’oeil humain, ou plutôt celui d’une caméra, de famille ou de télévision. Dans Dead Landes, une équipe de chaîne info débarque dans un petit camping des Landes, L’Ecapade, pour faire un reportage sur les derniers jours des vacances. Et le propriétaire des lieux, Michel, compte bien en profiter pour faire sa pub. Un peu beaucoup.

C’est alors que la terre tremble, que des colonnes de feu enflamment le ciel et qu’un étrange brouillard encercle les vacanciers. Aux caméras des journalistes, s’ajoutent celle embarquée d’une voiture de police, puis la GoPro d’un miliaire, etc. Le dispositif tient la route, si l’on accepte bien sûr qu’ils continuent tous à tourner en pleine apocalypse. Mais la série ajoute un mystère, un enjeu, lorsque l’on devine des images cachées (un logo ?) dans le flux vidéo. Et si quelqu’un regardait ? Mais qui ?

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Fantastique

Dès l’apparition de ce brouillard, la série bascule dans le fantastique, le surnaturel, et elle ne s’en cache pas. One pense immédiatement à la fumée noire de Lost, mais surtout à la brume deThe Mist, le film de Frank Darabont adaptée d’une nouvelle de Stephen King. Dead Landes lui emprunte beaucoup, du confinement du lieu (là un supermarché, ici un camping), à la caractérisation des personnages en passant par les théories sur la catastrophe. Et ce n’est pas la seule influence majeure,The Walking Dead s’invite également dans le look et la dynamique du groupe. Sören Prévost n’est-il pas un sous-Daryl avec son arc et ses flèches ? C’est un travers de la série, elle peine à donner le change, à trouver une identité, au milieu des références, pour ne pas dire des révérences. Mais elle essaie.

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Fun

C’est que malgré l’apocalypse ambiante, Dead Landes est aussi une comédie. Non par son histoire, très premier degré, mais par ses dialogues, ses personnages et surtout ses acteurs. C’est simple, ils sont quasiment tous issus de la scène humoristique, voire de la scène tout court : Baptiste Lecaplain, Yacine Belhousse ou Sören Prévost. La greffe ne prend pas toujours, mais lorsque c’est le cas, elle tient bon, ne lâche rien. A l’instar de Thomas VDB. Il est irrésistible dans le rôle du boss Michel, pas si éloigné d'un Steve Carell ou d'un Ricky Gervais dans The Office, et apporte ce décalage, ce déséquilibre salutaire, à la série pour ne pas (trop) se prendre au sérieux. Après tout, ce n’est pas la fin du monde, hein ?