«Divorce»: Pourquoi la divorcée est devenue une héroïne de série TV trop cool?

SERIE Sarah Jessica Parker fait son grand retour sur le petit écran dans « Divorce », diffusée ce lundi à 22h50 en US + 24 sur OCS City et vient rejoindre le club des héroïnes divorcées de la télé…

Anne Demoulin

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Sarah Jessica Parker dans la série «Divorce».
Sarah Jessica Parker dans la série «Divorce». — HBO

La célibattante new-yorkaise Carrie Bradshaw cherchait Mr Right (et devait se contenter de Mr Big). Douze ans plus tard, l’ex-star de Sex and The City revient dans une nouvelle série de HBO, Divorce, diffusée ce lundi à 22h50 en US + 24 sur OCS City. Sarah Jessica Parker y campe Frances, une mère de famille quinquagénaire dans la banlieue de New York, en plein divorce. Tout un symbole. Entre-temps, les divorcées sont devenues les nouvelles héroïnes cool des séries. Explications.

La divorcée, une célibattante avec un passé

Lancé il y a deux ans aux Etats-Unis et diffusée à partir du 18 octobre sur Téva, Younger, la nouvelle série de Darren Star, l’ex-showrunner de Sex and The City, raconte les aventures d’une quadragénaire, fraîchement divorcée, obligée de se faire passer pour une femme de 26 ans afin de trouver un emploi. « Charmed, Buffy contre les vampires ou Sex and The City ont imposé dans les années 1990 les séries girl power à l’écran », rappelle Cécile Pinaud, auteur de Femmes en série (2012, La Maison d’éditions) et du webzine Femmes de séries. La divorcée a rencardé la chasseuse de vampire des nineties, et Marti Noxon, l’ex-productrice déléguée de Buffy, a créé Girlfriends' Guide to Divorce dans laquelle Abby McCarthy (Lisa Edelstein) incarne une quadra, auteur de livre de développement personnel, en instance de divorce.

Le club des divorcées à la télé s’est encore élargi avec Michaela Watkins dans Casual, Pamela Adlon dans Better Things, Meghan Ory dans Chesapeake Shores ou encore Lily Tomlin et Jane Fonda dans Grace et Frankie. Tant et si bien que la divorcée est en train de devenir une figure archétypale des séries télé. « Il s’agit d’une héroïne féminine forte », estime Boris Duchesnay, ‎directeur des programmes d’OCS. Pourquoi ? « La divorcée est intéressante sur le plan narratif, parce qu’elle repart de zéro avec un bagage lourd », explique Cécile Pinaud. Le personnage de la divorcée dispose d’un passé (un mari, souvent des enfants, etc.), et se construit en fonction de celui-ci.

La divorcée, un personnage tout en nuances

La divorcée est un personnage complexe. Dans Divorce, « Frances est un personnage féminin plein de nuances, drôle et émouvante à la fois », détaille Boris Duchesnay, ‎directeur des programmes d’OCS. « La divorcée est à la fois en deuil parce que son mariage est fini, mais également libérée », souligne Cécile Pinaud. Un cocktail idéal pour la base d’une dramédie, genre qui a le vent en poupe.

Pas évident de se remettre à draguer après de longues années en couple, spécialement si l’on n’a jamais été célibataire sous l’ère Tinder. La divorcée doit donc tout redécouvrir : « sa féminité, sa confiance en elle, son indépendance », note Cécile Pinaud. Et aussi reconstruire : « sur le plan personnel, amical, et souvent aussi professionnel », estime Cécile Pinaud. Abby McCarthy de Girlfriend’s Guide to Divorce est ainsi auteure de best-sellers… sur comment gérer sa vie de couple. Aargh !

« Le nombre de divorcées à l’écran est aussi lié au fait que de plus en plus de femmes créent des séries », considère Cécile Pinaud. Marti Noxon pour Girlfriend’s Guide to Divorce, Martha Kauffmann pour Grace et Frankie, Pamela Adlon pour Better Things et Sharon Horgan (la créatrice et actrice de Catastrophe) pour Divorce. « Il faut faire attention à ce que l’archétype ne devienne pas stéréotype », prévient Cécile Pinaud. Les femmes prennent l’ascendant, mais pas aux dépens des hommes. Au fil des saisons, la divorcée découvre que la vie, c’est comme le mariage, pour le meilleur et pour le pire.