Franck Dubosc: «Même ceux qui ne m’aiment pas peuvent se laisser tenter par les "Les Beaux malaises"»

SERIE TV Franck Dubosc se parodie gentiment dans « Les Beaux malaises », une série programmée ce mardi soir sur M6 et adaptée d’un format québécois…

Propos recueillis par Vincent Julé

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Franck Dubosc est... Franck Dubosc dans «Les Beaux malaises» sur M6
Franck Dubosc est... Franck Dubosc dans «Les Beaux malaises» sur M6 — Cecile ROGUE/M6

Dans Les Beaux malaises ce mardi à 21h sur M6, Franck Dubosc interprète un certain… Franck Dubosc. Ce n’est pas la première fois qu’un acteur joue son propre rôle, ou plutôt une version décalée, dans une série, à l’instar de Jerry Seinfeld dans Seinfled, Louis CK dans Louie, James Van Der Beek (Dawson) dans Don’t Trust the B---- in Apartment 23, Eric Judor dans Platane ou même Martin Matte dans… Les Beaux malaises (version originale). La série, dont M6 propose ce mardi soir les quatre épisodes d’un coup lors d’un prime événementiel, est en effet l’adaptation d’un format québécois sur la vraie fausse vie d’un humoriste.

« Sans jamais trop en faire, il joue un égocentrique beaucoup moins… "fendant"… je ne sais pas ce que ça veut dire [cela veut dire "arrogant" en québécois], commente Franck Dubosc, en train de lire la critique du Journal de Montréal sur son téléphone. Alors que Martin sort la carte du comique prétentieux, Dubosc joue les stars plus sympathiques. Merveilleusement écrite, la série fonctionne des deux côtés de l’Atlantique. » Franck est satisfait, l’interview peut commencer.

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Vous êtes la « star » des Beaux malaises, mais également le coauteur, avec le réalisateur Eric Lavaine. Pourquoi ?

Je ne voulais pas seulement l’interpréter, mais m’y investir, me l’approprier. Après, il faut savoir que c’est très, très fidèle à l’original. Des scènes sont quasiment du mot à mot. Cela a même été difficile, car j’avais vu les épisodes, et il fallait que je me détache du jeu de Martin Matte, que je n’en fasse pas une simple imitation. Le plus gros de l’adaptation a été de traduire en « français de France » (rires), et avec Eric, nous nous sommes permis quelques rajouts, changements. Mais sans trop en mettre, car nous avions la chance d’avoir un beau produit, un beau cadeau. J’aurais aimé l’écrire.

Vous jouez déjà une version décalée de vous-même sur scène. En quoi est-ce différent ici ?

Il a fallu que je revienne à une certaine sobriété. C’est pourquoi j’ai voulu qu’Eric Lavaine réalise, car il me connaît bien [ils ont tourné trois films ensemble : Incognito, Bienvenue à bord, Barbecue]. Il était le seul à pouvoir aller chercher le drôle que j’ai en moi, dans la retenue. J’aurais pu aller vers un rire plus gaguesque, plus spectaculaire. Mais alors autant faire des sketchs ou des films.

Martin Matte, c’est votre équivalent au Québec ?

En termes de notoriété, je ne sais pas. Il est une star de l’humour là-bas, le plus gros vendeur de billets. Pour l’humour, c’est vrai que nous sommes assez proches. Lui, joue une personnage très prétentieux. J’ai pu le faire aussi à mes débuts, surtout le côté mythomane. Mais je lui tire mon chapeau, car il est allé vers un personnage méchant, au point que certains ont pu le croire comme ça, ont du faire la confusion. C’est aussi pourquoi il a fait la série, pour s’humaniser. Car la série Les Beaux malaises se moque beaucoup de son héros, de moi. Même ceux qui ne m’aiment pas peuvent se laisser tenter, car je n’hésite pas à me tourner en ridicule. A l’image de la première scène, avec ma fille qui regarde un de mes sketchs à la télé et qui ne le trouve pas drôle : « Gad Elmaleh, lui, il est drôle ». L’idée était de ne pas se prendre au sérieux.

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Vous vous êtes donc retrouvé dans certaines scènes ?

Presque toutes. Pas la thérapie de couple, hein, mais tout ce qui a trait à la célébrité est très vrai : se retrouver face à des fans et ne pas savoir quoi dire, l’épisode de la Poste ou même rendre visite à un enfant malade à l’hôpital… Pour le côté radin, je ne le suis pas, mais je fais attention. Je viens d’une famille qui ne roule pas sur l’or. Donc même si j’ai les moyens aujourd’hui, je vais regarder le prix du pain. Je fais les courses. Chez Franprix.

Les acteurs qui se prêtent à l’exercice de jouer leur rôle à l’écran disent aussi souvent que le résultat n’a rien à voir avec la réalité. Pas vous. C’est même l’inverse ?

Car c’est très proche de la réalité, et de ma personnalité. Quand ils ont cherché à adapter Les Beaux malaises en France, ils se sont adressés à moi, et pas à un autre comique de la même envergure. On peut y croire : j’ai une femme, des enfants, une vie presque normale… Bon, j’ai aussi un appartement à Neuilly et je voyage en Business, et on n’essaie pas de le cacher. J’ai la chance d’avoir un travail, de bien gagner ma vie, de vivre de ma passion. Ce qui est déjà extraordinaire. Mais pour le reste, je suis un peu Monsieur-tout-le-monde.

La série ne pose-t-elle pas aussi la question de savoir si les comiques sont aussi drôles dans la vie ? A l’instar du film Funny People de Judd Apatow.

En ce qui me concerne, je ne suis pas le plus drôle de la bande. A part quand tu es avec Florence Foresti, et qu’il y a une petite compétition. Mais c’est comme un pilote automobile, il ne roule pas à 300km/h dans la rue, il s’arrête au feu rouge. Dans la vie, je me repose. Je me repose de moi. (rires)